La confiance, ça se mérite. C'est le message que bon nombre de députés tentent de faire passer à Manuel Valls, quelques heures avant son discours de politique générale. Pour marquer la nouvelle phase du quinquennat de François Hollande, le Premier ministre va en effet passer son grand oral mardi à l'Assemblée nationale avant d'engager la confiance du gouvernement. Si l'exécutif n'a pas véritablement de raisons de craindre l'issue de ce vote, les députés de gauche sont nombreux à faire pression pour que le Président change de cap.

Le nouvel hôte de Matignon se sait attendu. Il s'agit d'un "discours important, il faut que je me l'approprie", a-t-il déclaré au JDD. Si le contenu de son allocution est tenu secret, Manuel Valls devrait toutefois aborder quelques sujets incontournables, déjà évoqués par François Hollande. Une loi sur la transition énergétique, une baisse d'impôt pour les classes moyennes, une baisse des cotisations salariales pour les plus bas salaires. Et surtout le dossier le plus sensible : le pacte de responsabilité.

"Voter la confiance, ce n'est pas voter le pacte de responsabilité

Dès l'annonce du pacte en janvier, François Hollande avait promis d'engager fin avril la confiance de son gouvernement sur cette réforme. Mais quatre mois plus tard, les mesures n'ont toujours pas été détaillées et le Président a finalement noyé ce vote dans celui, plus général, de mardi. De quoi agacer 89 personnalités socialistes qui ont réagi en publiant un texte réclamant un nouveau "contrat de majorité". Ils y pressent la majorité de changer de cap politique, menaçant même de ne pas valider le nouveau gouvernement. "Voter la confiance, ce n'est pas voter le pacte de responsabilité. Les députés doivent pouvoir le réécrire, l'amender et le modifier. C'est cela que nous attendons du discours de Manuel Valls", explique à metronews Pouria Amirshahi, député PS.

L'autre épine dans le pied du nouveau gouvernement, c'est EELV. Les écologistes, qui ont été reçus par Manuel Valls lundi, ont déjà refusé le ministère de l'Ecologie qui leur était proposé. Ils doivent indiquer mardi matin la position commune arrêtée par leur groupe sur le vote de confiance. Jean-Vincent Placé a déjà assuré que ses camarades ne voteraient " pas contre", mais une responsable du parti a confié à France Info qu'un vote "pour" était peu probable. "Sauf si Manuel Valls annonce la fermeture de 24 réacteurs nucléaires, la mise en place de la proportionnelle et l'abandon de Notre-Dame-des-Landes", a-t-elle osé imaginer.

L'abstention des écolos et de la gauche du PS pourrait-elle faire tomber le gouvernement ? En théorie, oui. Peu probable toutefois que tous ces députés soient prêts à risquer la dissolution.