En pleine période de tensions sur le mariage gay, auquel les grandes confessions s'opposent (hormis le bouddhisme), les vœux de François Hollande aux autorités religieuses ont pris une tonalité particulière hier soir. Le chef de l'Etat leur a adressé, comme attendu, un message d'apaisement. "Espérer ressusciter une guerre scolaire (au sujet du mariage homosexuel) n'a aucun sens", a-t-il souligné lors de cette rencontre à l'Elysée.

Un entretien "apaisé"

François Hollande a toutefois dans le même temps affiché sa détermination. Selon son entourage, il a réaffirmé "que cette réforme qui concerne exclusivement le mariage civil était pour lui et des millions de Français une avancée en termes d'égalité des droits, et que par conséquent, le projet irait à son terme. L'entretien, au cours duquel il a également été question des agressions contre des lieux de culte ou du débat sur la fin de vie, "était apaisé et intéressant", a salué devant la presse le Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim.

Ce dernier, en réponse à une question des journalistes, a catégoriquement nié l'existence d'un front des religieux face au projet de mariage homosexuel. "Non, quelles que soient nos positions individuelles, j'ai pour ma part profondément regretté que les religions soient auditionnées ensemble" à l'Assemblée nationale, a-t-il dit. "Les mettre ensemble (...) donnait l'impression d'une coalition des religieux contre un parti politique ou contre un pouvoir politique, ce qui non seulement n'a pas lieu d'être mais n'est pas", a-t-il insisté.