Il s'agit de la plus longue peine infligée en matière de fuite de documents confidentiels. La taupe de WikiLeaks, Bradley Manning, a été condamnée ce mercredi par la justice américaine à 35 ans de prison. Son avocat David Coombs a annoncé mercredi qu'il allait déposer un recours en grâce auprès du président Obama, estimant qu'il était "temps de mettre fin aux souffrances de Brad".

Au terme d'un procès fleuve, ouvert le 3 juin sur la base militaire de Fort Meade après plus d'un an d'audiences préliminaires, le jeune homme, reconnu coupable de la plus grande fuite de documents secrets de l'histoire des Etats-Unis, a été renvoyé de l'armée pour "déshonneur". Il avait transmis au site WikiLeaks plus de 700.0000 documents diplomatiques et militaires classés confidentiels dans l'espoir, expliquera-t-il plus tard, de provoquer "un débat public".

Appel en grâce

Aux dernières heures de son procès, Bradley Manning avait fait acte de contrition, regrettant d'avoir "blessé les Etats-Unis". Des excuses qui n'avaient pas touché le procureur militaire Joe Morrow. Ce dernier avait demandé à la juge militaire "d'envoyer un message à tout soldat qui envisagerait de voler des informations classifiées" et requis "pas moins de 60 ans de prison".

Si sur le papier cette sentence est lourde, elle pourra être réduite par un système de remise de peine pour bonne conduite après avoir purgé un tiers de sa condamnation. Bradley Manning pourrait alors sortir après neuf années passées derrière les barreaux. WikiLeaks a salué "une victoire stratégique significative" compte tenu de cette possible remise de peine.