Bradley Manning pourrait donc passer le restant de ses jours derrière les barreaux. Même s'il n'a pas été reconnu coupable de "collusion avec l'ennemi", le plus grave des 22 chefs d'accusations, 20 autres ont été retenus contre celui qui a transmis plusieurs milliers de documents confidentiels au site WikiLeaks.

Dans son réquisitoire, la juge militaire Denise Lind a notamment reconnu le jeune soldat de 25 ans coupable de violation de la législation sur l'espionnage. Outre ce fait, la justice militaire l'a notamment reconnu coupable de vol de documents des forces armées. Il encourt 136 ans de prison et sera fixé sur sa peine mercredi à partir de 9h30 heure locale (15h30 heure française).

Assange dénonce "l'extrémisme de l'administration Obama"

Son avocat David Coombs --qui avait demandé l'acquittement pour les accusations d'espionnage, de fraude informatique et de collusion avec l'ennemi-- a assuré lors de ses plaidoiries finales que Manning n'était pas un traître, comme l'affirmait l'accusation, mais quelqu'un de "jeune, naïf et bien intentionné", qui a été choqué par ce qu'il a vu en Irak. L'accusation, elle, le dépeint comme un être égoïste et téméraire, qui savait bien qu'en transmettant des documents à WikiLeaks, ils seraient mis en ligne et consultés par les ennemis des Etats-Unis, en premier lieu Al-Qaïda.

Durant son procès de trois mois sur la base militaire de Fort Meade, il avait reconnu avoir livré près de 700 000 dossiers secrets après avoir occupé, entre 2009 et 2010, un poste d'analyste pour le renseignement américain, en Irak. Parmi ces fichiers, on trouve notamment près de 250 000 câbles diplomatiques américains et plusieurs milliers de rapports sur la guerre d'Irak et d'Afghanistan. Sans oublier des informations relatives aux détenus de la prison américaine de Guantanamo, à Cuba.

Peu de temps après cette annonce, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, n'a pas manqué de réagir à ce verdict sur Twitter, dénonçant "l'extrémisme de l'administration Obama".