Nicolas Sarkozy fait son bilan. Comme il l'a lui-même annoncé mardi, l'ancien président publie lundi un livre dans lequel il analyse ses réussites en tant que chef de l'Etat et ses erreurs. Dans cet ouvrage intitulé "La France pour la vie" (Plon), Nicolas Sarkozy revient sur les mesures de son quinquennat comme sur les anecdotes qui ont émaillé les cinq années passées au pouvoir.

C'est ainsi qu'il qualifie de "bêtise que je regrette", le "Casse-toi pauvre con" lancé à un visiteur hostile envers sa personne dans les travées du Salon de l'Agriculture en 2008. "En agissant ainsi, j'ai abaissé la fonction présidentielle (…) J'ai appris à mes dépens qu'avoir du caractère n'autorise pas tout", cite Le Figaro qui publie les bonnes feuilles de l'ouvrage.

"Ce fut un cauchemar"

Autre erreur : la croisière sur le yacht du milliardaire Vincent Bolloré. Tout juste élu aux plus hautes fonctions de l'Etat, Nicolas Sarkozy emmène femme et enfants en croisière sur le yacht que lui prête son ami, l'homme d'affaires Vincent Bolloré. Des vacances qui renforcent l'image d'un président proche des puissants et éloigné de la France populaire. "J'ai pensé, à tort, que cinq jours sur le bateau d'un vieil et fidèle ami seraient utiles au sauvetage de ma famille", affirme aujourd’hui l'ancien chef de l'Etat. "Ce fut un cauchemar", poursuit-il. "Encore aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu commettre un tel impair", écrit Nicolas Sarkozy.

Côté réformes, l'ex-président revient notamment su les 35 heures et l'ISF. Deux thèmes sur lesquels "j'aurais dû aller au bout", estime-t-il. "En choisissant la voie de l'exonération des heures supplémentaires et du boulier fiscal, j'ai opté pour des solutions qui m’apparaissaient plus acceptables. C'était une erreur", juge l’actuel président du parti Les Républicains.

"On ne me reprendra pas à faire des compromis de circonstance"

Sur la sécurité et sur l'immigration, même analyse : "il aurait fallu que j'aille plus loin". Jugeant les mesures prononcées lors du discours polémique de Grenoble "justes", l'ancien chef de l'Etat estime avoir trop écouté son entourage. "On ne me reprendra pas à faire des compromis de circonstance avec mes convictions", lâche-t-il. Nicolas Sarkozy estime par ailleurs avoir "eu raison avant l'heure" en ce qui concerne la nécessité de réformer Schengen, avant de citer ses prises de positions "dès 2010" sur la déchéance de nationalité pour les binationaux "convaincus d'actes criminels y compris terroristes".

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"Ce livre n'est pas une déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle. Il est trop tôt", souligne encore dans son livre Nicolas Sarkozy, revenu en politique en septembre 2014, soit un peu plus de deux ans après son départ de l'Elysée. Deux années "heureuses" , affirme-t-il ajoutant :"Force m'est de reconnaître que cet échec de 2012 m'a apaisé".