En tant que gérant d'une armurerie, combien d'armes factices vendez-vous par mois ?
Chaque mois, nous vendons en moyenne 10 à 20 armes factices, pour des modèles compris entre 40 et 100 euros. Dans une armurerie "classique" comme la nôtre, cela ne représente pas qu'une infime partie du chiffre d'affaires. On ne vend qu'à des personnes majeures, la clientèle étant elle-même assez jeune.

Quel est le hit-parade des armes vendues ?
Il est calqué sur les meilleures ventes d'armes réelles. Si on devait faire un tiercé, je dirais les Sig Sauer, suivi des Beretta, des Glock, puis des Colts.

Que vous inspire la recrudescence d'armes factices utilisées dans les braquages ?
Il est intéressant de souligner qu'un pays comme l'Angleterre, qui possède l'une des législations les plus restrictives concernant la possession d'armes à feu et de leurs répliques, observe une hausse continuelle du nombre d'homicides sur son territoire. Malgré les interdictions, si quelqu'un décide de passer à l'acte, que voulez-vous faire ? Je ne vous parle même pas des armes réelles que l'on peut se procurer plus facilement que par le passé. Les armes factices ne sont que des jouets. Elles sont certes intimidantes, mais si elles posent problème, interdisons-les...Les braqueurs trouveront d'autres moyens. Il faut punir sévèrement les braquages, mais on n'empêchera pas les attaques en interdisant les armes factices.

La mission parlementaire propose la création d'un code couleur sur l'arme, permettant de signaler qu'elle est factice. Qu'en pensez-vous ?
Cela se fait déjà aux Pays-Bas et au Canada. Faisons-le en France, mais ça n'empêchera pas les malfaiteurs de sortir une bombe de peinture pour repeindre l'arme en question.

Quelles solutions préconisez-vous ?
Je pense qu'il est illusoire de focaliser sur les armes factices. Prenons davantage de mesures pour protéger les commerces visés, développons la vidéoprotection ou la présence d'agents de surveillance. Interdire pour interdire ne servira à rien, il faut travailler sur des mesures réalistes.

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