Si les homosexuels sont de plus en plus victimes d'agressions en France, ils risquent la prison en Zambie. Paul Kasonkomona, 38 ans, a été arrêté le 7 avril à la sortie d'une émission télé, sur la chaîne privée MUVI TV, lors de laquelle il a défendu les droits des homosexuels. Libéré sous caution depuis, l'activiste doit être jugé à partir de mercredi à Lusaka, la capitale zambienne. La charge retenue contre lui : incitation à prendre part à des activités indécentes. Si Paul Kasonkomona a plaidé non coupable lors de sa comparution devant la Cour le 11 avril, il encourt cependant entre un mois de prison et une amende s'il est reconnu coupable.

Homosexualité interdite en Zambie

Paul Kasonkomona travaille pour Engender Rights Zambia, une association qui défend les droits des minorités sexuelles dans un pays conservateur où l'homosexualité est interdite par la loi et passible de 14 ans de prison. Certains Zambiens demeurent convaincus que cette pratique est contraire aux croyances religieuses. "Dans cette ancienne colonie britannique, ce sont toujours les lois de cette époque qui régissent le pays en matière d'homosexualité", précise Simeon Mawanza, chercheur pour la zone sud de l'Afrique chez Amnesty International interrogé par Metro. 98% de la population zambienne vont même jusqu'à rejeter le comportement homosexuel (se tenir la main ou embrasser son partenaire), selon une enquête de 2010.

Le procès de Paul Kasonkomona s'ouvre alors que deux jeunes Zambiens James Mwape, 20 ans, et Philip Mubiana, 21 ans, qui vivaient ensemble depuis quelque temps, ont été arrêtés et inculpés la semaine dernière pour avoir eu des relations sexuelles. Le couple a plaidé non coupable et leur procès doit débuter le 22 mai. "Leur arrestation a insufflé la peur au sein de la communauté LGBT en Zambie", regrette le chercheur. C'est la première fois qu'un couple gay est arrêté en Zambie.