Mercredi, les Zimbabwéens doivent élire leur président. Ils devront choisir entre le président sortant Robert Mugabe, qui à 89 ans est au pouvoir depuis trente-trois ans, et le Premier ministre actuel, Morgan Tsvangirai, l'éternel opposant. Mais ces élections sont plus qu'incertaines.

N'ayant eu son mot à dire sur le calendrier, le Premier ministre déclarait en juin refuser le scrutin. Aujourd'hui, ce sont les conditions de l'événement démocratique qu'il remet en question. Son parti, le MDC, a affirmé mardi que de nombreux électeurs étaient inscrits deux fois sur les listes électorales, renforçant ses craintes de fraudes en faveur de Robert Mugabe.

Une crise politique doublée d'une épidémie de choléra en 2008

"Nous avons vu beaucoup de noms en double sur la liste, avec une même date de naissance, une même adresse physique, mais avec une légère différence dans leur numéro d'identification", a expliqué le ministre délégué Jameson Timba. Ce dernier a remis une liste des noms d'électeurs fantômes aux observateurs de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).

Les élections au Zimbabwe doivent mettre fin au fragile gouvernement de cohabitation entre le président Robert Mugabe et son Premier ministre et opposant, Morgan Tsvangirai. Il avait été formé sous la pression internationale pour éviter une guerre civile, après les violences qui avaient fait environ 200 morts entre les deux tours de la présidentielle en 2008. A l'instabilité politique s'ajoutait à l'époque une crise sanitaire, le gouvernement peinait à enrayer l'épidémie de choléra qui avaient fait plusieurs centaines de victimes.