Monter sur le podium du tour est toujours un moment privilégié; célébrer une victoire d’étape ou le prix de la combativité, revêtir un maillot (jaune, vert, à pois), avoir les honneurs de la foule. Mais pas seulement. Celui aussi de pouvoir "claquer la bise" aux hôtesses chargées par les sponsors maillots de remettre les tuniques aux heureux élus.

Un job d’été privilégié, pour la plupart.
Mais qui sont ces demoiselles dont le joli minois ne passe pas inaperçu ? "Le Crédit Lyonnais recrutait. J’ai tenté ma chance en envoyant un CV et une lettre de motivation", explique Anne-Marie (voir photo), 21 ans,  présente pour la 2e année sur le Tour pour remettre le Maillot Jaune. Originaire de Reims, elle fait partie des nombreuses étudiantes recrutées par les marques qui ont aussi recours à des agences de communications. "Au Crédit Lyonnais, sur quatre hôtesses, nous sommes trois étudiantes. L’autre travaille toute l’année", explique la jeune femme en Master 1 de psychologie.

Comme job d’été, il y a pire. Anne-Marie a bien conscience d’être une privilégiée : "C’est génial. On partage l’ambiance du Tour tous les jours sur le podium. On est bien payé (entre 1000 et 2000 euros pour les trois semaines). On est nourris, logés, blanchis. C’est tout benef", concède Anne-Marie. Les journées n’en restent pas moins longues. "On est debout tous les jours entre 6 h et 7 h. On est présent au village-départ le matin pour animer le stand LCL puis pour assister au départ de la caravane et de la course. Pour l’arrivée, on est quatre à remettre les maillots donc on fait des roulements tous les deux jours. Le soir, il nous arrive d’animer des soirées pour LCL avec des cadeaux à gagner".

Des journées bien remplies qui ne l’empêchent pas de conserver un intérêt pour la course: "Depuis que je travaille sur le Tour, je m’y intéresse. Avant ce n’était pas le cas", admet Anne-Marie. A-t-elle "craqué" pour un coureur en particulier ? "Physiquement non", affirme-t-elle, mais "j’aimerais bien qu’Armstrong gagne une étape et porte le maillot jaune. Sinon, j’ai trouvé Nocentini (maillot jaune, Ag2r) plutôt sympa tout comme Cadel Evans (Silence-Lotto). Mais on les voit seulement deux minutes donc on n’a pas trop le temps de se faire un avis". Donc pas le temps non plus de se faire draguer ? "Pas par les coureurs", réfute Anne-Marie, "cela fait partie des rumeurs du Tour".

Avec Gert Steegmans, Laura rencontre l’âme sœur
La légende de la Grande Boucle, vraiment ? Pas sûr… Laura (25 ans), pour qui le Tour est également un job d’été, remet chaque jour depuis trois ans le Prix de la Combativité parrainé par Brandt. Et depuis un an, la jolie brune, originaire de Béthune, qui doit passer prochainement le concours de professeur des écoles, partage sa vie avec le Belge Gert Steegmans, vainqueur l’an dernier sur les Champs-Élysées. "Je l’ai rencontré l’an dernier sur le Tour. Il venait tous les matins sur le stand Brandt. Je croyais que c’était pour le café mais…", se souvient Laura en rigolant. Elle devra néanmoins se passer cette année de "son chéri", en conflit interne avec Katusha (Russie), sa formation, et donc absent du Tour. Si Laura avoue qu’elle ne suivait pas spécialement l’épreuve auparavant, elle s’intéresse depuis à la course et aux coureurs. "Je traîne beaucoup avec Georges Hincapie (Columbia). Mark Cavendish (maillot vert, Columbia) passe souvent le matin au stand. On dit qu’il n’est pas sympa. Ce n’est pas vrai. Il est très gentil avec nous".