On ne badine pas avec la discipline dans la (petite) délégation de Saint-Kitts-et-Nevis, une île des Caraïbes. Pour avoir séché plusieurs entraînements et déserté le village olympique pour rejoindre son épouse à Londres, Kim Collins, la star du sprint de la petite nation, a été prié de quitter les Jeux, hier, par son comité olympique.
Du héros au banni
L’absence du champion du monde 2003 au départ du premier tour du 100m hier matin a révélé une affaire qui ne semble pas si simple. Collins, à 36 ans, s’apprêtait à disputer ses 5es Jeux. Héros national, il était le porte-drapeau de sa délégation le 27 juillet. Le gouvernement de l’île a même baptisé le 25 août (jour de son titre mondial à Paris en 2003) le "Kim Collins Day" en son honneur.
Tout ça c’est du passé. Collins est un banni aujourd’hui. Du côté des officiels, on évoque les nombreuses absences du sprinteur aux dernières séances de travail, notamment pour le relais où son équipe a pris la 3e place, avec lui, aux derniers Mondiaux. Ne sachant jamais où se trouvait Collins, les dirigeants de son comité olympique jurent avoir essayé de le joindre à plusieurs reprises, constatant finalement que l’athlète n’est même pas venu s’inscrire pour la compétition du 100m, vendredi, à la veille de la première course. Par un communiqué, son comité olympique a officialisé le renvoi de l’athlète.
Retraite anticipée
"Il s'agit d'une énorme déception pour l'équipe et le pays qui ne verra pas courir son héros national lors du plus grand événement sportif au monde", a expliqué le porte parole de l'équipe, Lester Hanley. Kim Collins, mis en cause, a présenté, une toute autre version. Evidemment. "Oui, j’ai rejoint ma femme à l’hôtel. Quel mal ? Je suis quelqu’un de responsable, je crois. Même les prisonniers ont le droit de recevoir la visite de leur femme. J’aurais eu plus de chance en passant la nuit avec une nana et en rentrant au petit matin sans me faire voir". L’athlète, sans la dévoiler, parle de raison personnelle pour expliquer qu’il ait rejoint son épouse. Collins a fait ses valises sans ironiser sur la décision des dirigeants. "Dans notre délégation il y a six athlètes et neuf officiels, j’espère qu’il y a une course organisée pour les officiels." Lui va rendre sa retraite. Loin de son île.























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