Cela fait maintenant 398 jours qu'ils sont emprisonnés. Le 19 mars 2013, Pascal Fauret et Bruno Odos, deux anciens pilotes chevronnés de l'aéronavale reconvertis dans l'aviation d'affaires, sont arrêtés à Punta Cana (République Dominicaine) alors qu'ils s'apprêtent à faire décoller un Falcon 50 appartenant au lunetier français Alain Afflelou et affrété par SN-THS, une société de location installée à Bron, près de Lyon. Le vol doit prendre la direction de Saint-Tropez en passant par les Açores. A l'intérieur de l'appareil, la DNCD - la brigade anti-drogue dominicaine - retrouve 680 kilos de cocaïne répartis dans plusieurs valises.

Le début d'un long cauchemar pour les deux pilotes rhônalpins. "Ce sont deux hommes de 54 ans reconnus pour leur intégrité et leur professionnalisme. Ils n'ont jamais eu aucun problème, confie à metronews Sabine Fauret, la femme de Pascal, qui habite à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or avec ses deux enfants. Cela fait treize mois qu'il y a un déni de justice. Les audiences sont reportées les unes après les autres, et ils vivent dans des conditions abominables à six dans une cellule de 10 m²."

La thèse du complot

Vendredi, une nouvelle audience est prévue à Saint-Domingue. "Nous espérons que la liberté conditionnelle pourra enfin être prononcée pour qu'ils puissent sortir de prison. Ils sont innocents. Ce n'est pas dans les prérogatives des pilotes de savoir quelle marchandise est transportée", ajoute Sabine Fauret, "révoltée" par la tournure que prend l'affaire.

"Cela traîne en longueur, c'est vraiment très dur à vivre. Avec Nathalie, la femme de Bruno qui vit à Autrans (Isère), nous ne nous sentons pas prises en considération par l'Etat français, regrette-t-elle. Je suis convaincue qu'il s'agit d'un coup monté, peut-être par la DNCD elle-même, dans le cadre d'une opération mains-propres. Les autorités dominicaines ont mis en scène une opération spectaculaire et nos maris ne sont que des victimes collatérales."