Les gens du voyage ont quitté Colombier-Saunieu (Rhône) dimanche après-midi, mais Pierre Marmonier risque toujours de quitter son siège de maire, qu’il occupe depuis 1995. Vendredi, excédé par la présence, depuis le 7 juillet, de 400 puis de 250 caravanes sur un terrain privé de sa commune de 2 500 âmes, l’élu - sans étiquette - a donc écrit au préfet du Rhône, Jean-François Carenco, pour lui faire part de son intention de démissionner.

"Depuis deux mois, notre commune a eu à déplorer trois invasions de la part des gens du voyage : une sur un terrain public et deux sur des terrains privés. Parmi ces groupes, deux étaient des communautés évangélistes allant de 800 à 1 000 personnes. Ces situations sont génératrices de risques en matière de sécurité, de salubrité et de tranquillité publique. La flagrance de ces situations de non-droit qui se multiplient sur notre territoire crée un trouble manifeste à l’ordre public et n’est pas propice au respect des réglementations. Les habitants de Colombier-Saugnieu ne cachaient plus leur exaspération et je n’avais plus d’arguments crédibles pour leur répondre", a expliqué Pierre Marmonier devant la presse.

"Je demande l'organisation d'une table ronde"

Lequel redoute maintenant qu'une situation identique se reproduise dans un futur proche. "Le problème d’aujourd’hui est réglé mais demain, qu’en sera-t-il ? Nous n’allons pas labourer toutes les prairies de la commune. La loi doit être aménagée et c’est pourquoi je demande l’organisation d’une table ronde avec l’ensemble des acteurs. (…) En ce qui me concerne, ma démission est suspendue (à la décision du préfet, ndlr) mais si rien de plus n’est fait, elle redeviendra effective. Je ne souhaite à personne de vivre la semaine que je viens de passer", a-t-il ajouté.

Contactée, la préfecture fait savoir qu’elle a reçu le courrier du maire ce lundi soir et que la lettre est actuellement à l’étude. Les gens du voyage ont quant à eux pris la direction d’Ambérieu-en-Bugey, dans l’Ain.