C'est ce qu'on peut appeler un incident "diplômatique". L'université Lyon-II se serait en effet bien passée de l'affaire qui la touche actuellement. Selon Tribune de Lyon, l’établissement a lancé fin mai une commission d'instruction interne car une cinquantaine de faux diplômes (des licences en communication) auraient été délivrés à des Antillais n'ayant jamais mis les pieds à Lyon. Comment une chose pareille est-elle possible ?

D’après l’hebdomadaire, Alain Girod, le directeur de l'Institut de la communication (ICOM), aurait signé en 2011 "une convention irrégulière" entre son institut et I2M Sup de Co, une école de management et de marketing privée basée à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), et par ailleurs en redressement judiciaire. "L'université ne bradera pas ses diplômes, nous allons proposer aux étudiants de passer leurs examens en septembre à Lyon dans des conditions normales et régulières", explique Jean-Luc Mayaud dans les colonnes de Tribune de Lyon.

"Nous ferons tout pour que nos étudiants soient diplômés"

L’école antillaise est elle aussi sous le choc. "L'année dernière, nos étudiants ont pu avoir leurs diplômes dans le cadre de ce partenariat avec Lyon-II et cette année, ça bloque. Pourtant, il s'agit de la même convention, remarque Nathalie Carballo, la responsable administrative d’I2M. Notre école est déjà en redressement judiciaire depuis octobre, nous n'avons pas beaucoup de moyens, mais nous ferons tout pour que nos étudiants soient diplômés".

De son côté, Alain Girod se justifie en affirmant que "le président de l'université Lyon-II remet en cause ce partenariat pourtant validé par le conseil d'administration de l'institut de la communication et par le conseil des études et de la vie universitaire au motif qu'il n'a pas été soumis au conseil d'administration de Lyon-II, ce qui relève de la responsabilité de l'ancien président de Lyon-II.

Le président actuel a proposé aux étudiants de La Guadeloupe de venir à Bron en septembre 2013 pour passer leurs examens, ce qui, à l'évidence, ne constitue pas la solution la plus simple pour eux. Une enquête administrative est en cours afin de déterminer les responsabilités des uns et des autres. Je ne puis donc, à ce stade, faire d'autres commentaires." Les cinquante-cinq étudiants concernés, eux, ont dû payer 4 500 euros d’inscription et pourraient bien ne jamais voir la couleur de leur diplôme.