C'est une affaire de bébé secoué, une de plus. Aussi douloureuse que tragique. Un père, une mère ou une baby-sitter secoue brusquement un nourrisson en pleurs pensant, à tort, le calmer ainsi. Un geste fou, souvent commis sans intention de faire du mal, mais qui peut se révéler fatal.

C'est sans doute ce qui s'est produit à Vénissieux le soir du 22 octobre 2009 quand une jeune mère a confié Mickaël à son père, le temps de préparer un biberon. Mais quelques minutes plus tard, quand les pompiers sont arrivés, Mickaël, un bébé âgé de 2 mois, était déjà en arrêt cardio-respiratoire, et il devait décéder 5 jours plus tard.

Le père a reconnu les faits

L'autopsie pratiquée sur le nourrisson a permis de révéler qu'il avait été sans conteste victime du syndrome du bébé secoué et d'un traumatisme violent. Le père, un homme d'origine vietnamienne et âgé de 52 ans au moment des faits, aurait reconnu par la suite avoir "bien secoué" son bébé.

Mais il a nié tout caractère intentionnel et il a affirmé qu'il ignorait que son geste pourrait avoir des conséquences aussi dramatiques. L'accusé est jugé à Lyon aux Assises à partir de ce mercredi. Il risque 20 ans de réclusion pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un mineur de 15 ans par un ascendant". La mère, quant à elle, n'a pas souhaité se constituer partie civile.