Sandy : Bonjour. Quel est exactement le thème de ce salon ?
Ce salon s'appelle Direction santé au féminin car c'est la femme qui s'occupe de la santé de toute la famille (homme, femme, enfants et personnes âgées). Toute la santé (cardiologie, dermatologie, psychologie, gynécologie, sexualité, etc.) sera abordée...

Gigi : Pourquoi est-ce à la femme de s'occuper de la santé de toute la famille ? Est-ce une question d'éducation ?
Sans doute, oui, c'est une question d'éducation. Ce n'est pas un souhait, c'est une observation sociétale.

Patty : Est-ce vrai qu'on peut avoir des consultations gratuites au salon ?
Le salon est gratuit. Il n'y aura pas de consultations mais 170 conférences ouvertes à tous où vous pourrez poser vos questions gratuitement.

Rania : Pourquoi un salon spécialement dédiée à la santé féminine ?
Ce n'est pas dédié à la santé féminine car il y a de nombreux thèmes qui concernent les hommes, par exemple la prostate, l'appareil urinaire masculin, la sexualité masculine, les infections masculines, etc. Mais il est vrai que même pour ces problèmes-là, il n'est pas rare que ce soit la femme qui pousse son conjoint à se prendre en charge.

Gigi : Comment expliquer que les hommes se plaignent beaucoup plus et sont plus souvent malades que les femmes ?
L'éducation de l'homme le pousse souvent à attendre la dernière minute pour se sentir malade et s'occuper de cela même si dans son entourage, on peut considérer quelquefois qu'il se plaint, comme vous le dîtes. Il est utile pour l'homme qu'il ne reste pas dans la logique "ça passe ou ça casse" parce que, malheureusement, quand on attend la dernière minute, on peut se retrouver face à des maladies graves, avec de lourdes conséquences, comme l'infarctus par exemple, et il vaut mieux prévenir que guérir. Le message de ce salon, c'est comprendre, prévenir, soigner. Donc restons dans cette logique.

BAYIBABI : Est-il vrai que l'on maigrit plus lors des règles dans une phase de régime ? La pilule réduit-elle l'élimination des graisses ?
Si on monte sur la balance, oui. Mais c'est un assez relativement faux amaigrissement. La femme se plaint souvent à cette période de se sentir ballonnée, donc elle pèsera peut-être moins lourd mais la silhouette ne lui conviendra peut-être pas.
Non, ce que vous voulez sans doute dire, c'est qu'avec la pilule, le taux de cholestérol et des graisses peut augmenter. Dans ces cas, on préfère le plus souvent proposer des pilules faiblement dosées en œstrogènes.

Regime : Que pensez-vous de la pilule Alli ? Aide t'elle vraiment à maigrir ?
Si on se limite à ce qui est dit, c'est-à-dire une perte de kilos associée à une hygiène de vie (alimentation, etc.), cela peut être une aide. Si par hasard, il y avait trop de troubles intestinaux, que celles qui prennent des mini-pilules (faiblement dosées) se méfient de la moindre efficacité de ces pilules à ce moment-là. Car, un des effets secondaires connu d'Alli, ce sont des diarrhées : si celles-ci sont importantes, elles peuvent éliminer la pilule contraceptive qui vient d'être ingérée. Du coup, l'efficacité contraceptive diminue (comme après un vomissement). Il vaudrait mieux utiliser des moyens moins éliminés par la digestion comme l'anneau vaginal contraceptif et le patch contraceptif.

Plénitude : J'ai lu une étude qui disait que les femmes ont du mal à se montrer nues devant leur copain ou mari. C'est mon cas. Ca veut forcément dire qu'on est toutes complexées, alors qu'eux ne le sont pas ?
C'est vrai que l'on retrouve plus souvent ce cas de figure que l'inverse. Certains psychanalystes disent que c'est la "Femme" qui est à l'intérieur de chacune d'entre elle qui les regarde de manière critique et qui leur pardonne peu de choses. C'est ce qui poussera l'adolescente (magnifique) à ne pas sortir parce qu'elle a un point noir ou celle qui a quelques rondeurs éteindra la lumière lorsqu'elle se déshabillera. La plupart de temps, le copain ne sera pas gêné par ces points de détail et ne les jugera pas mal. Ce sont elles qui se déprécient.

nadine75 : Aujourd'hui s'ouvre le procès de véronique Courjault... Quelle est votre position sur le déni de grossesse ? Comment l'expliquez-vous ? Qui cela concerne t'il ?
Le déni, ici de grossesse, est un trouble bien connu en psychopathologie. Habituellement, ce sont des cas bien moins graves que celui de Véronique Courjault. Dans un cas exacerbé comme le sien, cela permet de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de Monsieur ou Madame Tout le monde puisqu'ici on peut tout voir comme si c'était "grossi à la loupe". On dénie quelque chose quand il nous ennuie. C'est comme si notre inconscient nous protégeait et faisait comme si cela n'existait pas. Ici, elle est accusée d'avoir mis en acte ce déni et d'avoir fait disparaître ce qui la gênait.

Marguerite : La libido change-t-elle forcément après l'arrivée d'un enfant ? Comment faire pour ressentir à nouveau l'envie de faire l'amour ?
Non, la baisse de libido n'est pas obligatoire même si cela arrive assez souvent. Il n'y a pas de recette même s'il y a des solutions. Il faudrait tout d'abord avoir envie d'avoir envie. Ensuite, de s'appuyer sur le seul vrai allié de la femme qui n'a pas de désir à savoir son propre plaisir. Si celui-ci survient régulièrement, il y a de fortes chances pour que progressivement l'appétit sexuel, donc le désir, revienne.

Anna : Pourquoi la grossesse est-elle si médicalisée aujourd'hui ? Je suis enceinte de 6 mois et si j'ai bien compris j'ai le droit de manger des yaourts et de dormir... Tout cela est ridicule et totalement régressif. Franchement pensez-vous que les femmes subissaient autant de pressions avant ? On diabolise la cigarette, l'alcool, la viande, le fromage, les crudités... N'est-ce pas too much ? Tout n'est-il pas encore question de mesure et d'équilibre ici ?
Bien sûr mais les conseils qui sont donnés par la société, c'est de protéger statistiquement la plupart des femmes. On sait que dans plus de 80% des cas, l'accouchement peut se faire facilement et sans trop de médicalisation mais pour les 20% restant, cela peut parfois être dramatique. Et on ne sait pas comment déterminer lesquelles sont dans la première situation ou dans l'autre. Dans notre société où le principe de précaution est très poussé, on se doit de prendre en compte toutes ces précautions, justement.

Amandine : Quelles sont les principales causes d'infertilité féminine ? Y' aura t'il au salon des spécialistes de la question ?
Oui, il y aura des spécialistes de la question. De nombreux thèmes autour de l'infertilité seront abordés. Les principales causes sont les problèmes d'ovulation, les problèmes de trompes perméables (qui laissent passer l'ovule), et des problèmes d'utérus dans lequel va pousser le fœtus. A chacun de ces niveaux, il peut y avoir une participation psychologique seule ou associée. Il y a enfin les problèmes masculins dont il faut tenir compte, bien sûr.

BAYIBABI : Est-il vrai que masser ses jambes tous les jours élimine la cellulite et que les crèmes miracles ne sont que psycho ?
Oui, masser les jambes est un très bon élément drainant et les crèmes sont "miracles" parce qu'elles sont agréables à mettre et qu'elle facilite ce massage en associant (c'est leur but) des produits drainants même si cela n'aboutit pas toujours au rêve que l'on a par rapport à tout ce que l'on veut "perdre".

Fillette : Quels sont les enjeux de ce salon, j'ai vu qu'il y avait beaucoup de labos présents ...
Il y a relativement peu de laboratoires. Ils sont entre 10 et 15 sur 90 stands. Les enjeux essentiels, c'est de transmettre de l'information médicale sérieuse (que l'on donne habituellement dans les congrès médicaux) au grand public puisque maintenant tous les médecins savent qu'il faut un consentement éclairé des patients. Encore faut-il que ceux-ci soient éclairés. C'est le but de ce salon.

Cindy : Le père de mon futur enfant n'a pas trop envie d'assister à l'accouchement : Est-ce normal ?
S'il n'a pas envie, il vaut mieux qu'il ne vienne pas. Il n'y a pas de norme dans ce domaine. L'essentiel, c'est que père et mère se sentent unis face à cet événement émotionnellement fort et non pas que l'on se sente psychologiquement traumatisé avec parfois, des conséquences qui persistent plusieurs années après encore.

Jean87 : A quel âge faut-il se soucier de sa prostate ? Quels sont les facteurs de risque de ce cancer ?
Aujourd'hui, il faut s'en préoccuper autour de 45 ans et plus puisqu'on décèle plus de cancers de la prostate qu'avant et plus tôt qu'avant. Un des facteurs de risques, non obligatoires, c'est le facteur héréditaire. Si son père, son oncle, son frère, etc..., il vaut mieux être surveillé plus précautionneusement.

Quiche : Recommandez-vous le stérilet comme contraceptif ? Faut-il déjà être mère pour en porter ?
Depuis les dernières recommandations de l'INPES (organisme de santé gouvernemental), on peut mettre des stérilets aux nullipares (femmes qui n'ont jamais été enceintes). Il y a encore 220 000 IVG par an en France, dont de nombreuses femmes qui n'ont jamais été enceintes auparavant et cela est beaucoup plus dangereux que la pose d'un petit stérilet (adapté à la taille de l'utérus de la femme).

Lili : La pression autour de l'allaitement est de plus en plus forte : est-ce grave de ne pas avoir envie de donner le sein ?
Ce qui est important pour l'enfant, c'est qu'il se sente aimé. Dans nos contrées où il est moins indispensable d'avoir des anticorps maternels à transmettre à l'enfant, ce n'est pas grave de ne pas allaiter. Ce serait différent si vous habitiez en Afrique, par exemple.

Gigi : Quels sont vos conseils de réeducation du périnée ?
Le périnée revient à la mode, ce qui est une bonne chose car il rend fortement service pour les petites et moyennes fuites urinaires (en particulier quand on fait du sport, tennis, jogging, etc.) mais aussi pour renforcer la tonicité des muscles autour du vagin donc la satisfaction sexuelles pour la femme mais aussi pour son partenaire. Une femme qui a remusclé son périnée se sent habituellement beaucoup mieux dans sa peau d'autant que, les premiers temps, elle peut utiliser des petits moyens de protection urinaire qui sont de plus en plus discrets et qui lui permettent de mener la vie sociale et sportive qu'elle veut.
Les exercices sont en général à voir avec des kinésithérapeutes ou sages-femmes spécialisées. Ils consistent à prendre conscience des muscles à tonifier et ensuite, à l'aide d'une sonde intra-vaginale plus des exercices de contraction relaxation, à renforcer cette tonification.

Je vous donne rendez-vous au salon où je répondrai à un certain nombre de questions dans des conférences bien notées sur le programme. A bientôt, donc.