Défendre les salariés, c'est une vocation. Jusqu’au moment où tout bascule. Le délégué CGT Brahim Ouerghi, a commencé à mal tourner à la fin des années 1990.

Toujours en cavale (il est aujourd’hui âgé de 70 ans), l’homme a été condamné jeudi à trois ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir, entre 1999 et 2005, escroqué 88 victimes, principalement des ouvriers du bâtiment étrangers. Le montant du détournement est estimé à 105.000 euros.

Meilleur que certains avocats

Aider les salariés contraints de poursuivre leur patron devant le conseil des prud’hommes, cela faisait partie des prérogatives de ce syndicaliste. Il paraît qu'il s'acquittait plutôt bien de sa tâche, qu'il était même meilleur que certains avocats.

Mais Brahim Ouerghi avait pris l’habitude de récupérer, auprès d’un huissier peu scrupuleux, les sommes gagnées par les salariés. Somme qu'il omettait de restituer à leurs propriétaires.

Le procureur, Benoît Vandermaesen, a évoqué la carrière de cet "escroc" qui "pendant 25 ans a abusé tout le monde : la CGT, les conseillers prud'homaux, les avocats, les huissiers", en plus des employés. Il serait actuellement en fuite en Tunisie