Marseille malade de ses transports en commun ? Pour une partie de la population en tout cas, si l’on en croit une enquête réalisée par l’Insee pour le compte de Marseille Provence Métropole. Selon les résultats de l’étude menée pendant neuf mois, près de 180 000 habitant du bassin-centre de MPM (10 km autour de Marseille) sont à plus de quarante minutes du centre-ville en transports en commun. Des zones périphériques moins accessibles concernant principalement les VIIIe, IXe, XIe, XIIe et XVIe arrondissements.

Président du comité d’intérêt de quartier de l’Estaque, Philippe Summonti prévient avec le sourire qu’il "ne vaut pas mieux rater le bus" si on veut arriver à l’heure à un rendez-vous dans le centre-ville. "Aux heures de pointe, il faut parfois attendre vingt minutes avant d’avoir un autre bus", ajoute-t-il en espérant un décloisonnement de l'Estaque grâce à le future navette maritime.

Des années de retard accumulées

Point positif de l’étude, la moitié de la population du bassin-centre de Marseille Provence Métropole vit à moins de trente minutes du centre-ville en transports en commun. "C’est satisfaisant", constate Pascal Marchand, mais pour le directeur adjoint de MPM, "l’hétérogénéité" de la situation est due à "des politiques de transports » qui n’ont pas été "à la hauteur depuis les années 70". S’il présageait les résultats de l’enquête, il avance toutefois que cela le "conforte" dans ses "enquêtes pour le plan de déplacement urbain (PLU) ».

Un PLU dont les conclusions seront présentées en 2016. Parmi les grandes mesures annoncées, les bus à haut niveau de service (BHNS) doivent permettre une desserte en moins d'une demi-heure des sites universitaires de Saint-Jérôme et de Luminy. Autre axe à l’étude : la desserte des quartiers Nord, dont une ligne de tramway devrait voir le jour entre Arenc et le lycée Saint-Exupéry, dans le XIVe.