Après le treizième règlement de compte de l'année à Marseille, Manuel Valls défend son bilan et attaque ses adversaires. A la suite de la mort d'un jeune homme de 25 ans, criblé de balles, lundi soir dans le quartier de l'Estaque, le ministre de l’Intérieur n'a pas mâché ses mots devant les journalistes.

Pour ce dernier, le sénateur-maire UMP de la ville Jean-Claude Gaudin, aurait "abandonné les Marseillais depuis 19 ans". Et de cibler notamment la baisse des effectifs de la police municipale à un niveau "ne permettant pas de mener une action efficace". Et d'ajouter "qu'a fait le maire de Marseille ? Il a fallu que ce gouvernement se mette en place et que je décide de mettre le paquet sur Marseille (...) pour que Jean-Claude Gaudin décide enfin d'un plan de vidéo protection pour toute la ville - ça ne concernait que le centre-ville – et décide enfin de mettre en place une police municipale qui n'existait pas" et qui doit "être armée", a-t-il poursuivi.

"Propos démagogiques"

Le maire de Marseille n'a pas manqué de son côté de dénoncer des propos "démagogiques". Pour ce dernier, "l'agressivité du ministre de l’Intérieur et ses nombreuses visites ne peuvent pas faire oublier la faiblesse des effectifs de la police nationale, surtout quand on les compare à ceux d'autres grandes villes de France. Le ministre de l’Intérieur devrait savoir que c'est à l’État d'assurer la sécurité des personnes et des biens, et pas à la police municipale dédiée à d'autres missions."

Enfin l'élu a déploré que sa ville soit devenue un enjeu politique destiné selon lui à servir des trajectoires individuelles. "L'exercice médiatique de Manuel Valls ne répond pas aux attentes des Marseillais qui souhaitent des mesures efficaces du gouvernement sans voir leur ville transformée en terrain de jeu politique, destiné à soutenir la pléthore de candidats socialistes pour les municipales."

Le président de L'UMP, Jean-François Copé, a quant à lui fustigé l'attitude de Manuel Valls se disant "stupéfait par les propos tenus par le ministre de l’Intérieur à l'endroit de Jean-Claude Gaudin, qui confirment une inquiétante fébrilité au sommet de l'Etat. (…) Au-delà du respect minimum dû au maire de la deuxième ville de France, fût-il dans l'opposition, j'appelle solennellement le ministre de l’Intérieur à reprendre ses esprits et à ne pas se défausser de ses responsabilités sur les élus locaux."