La préfecture accélère… sur les limitations de vitesse. Déjà réduite depuis juillet dernier sur les secteurs de Martigues, de Septèmes-les-Vallons et entre Marseille et Aubagne, la vitesse passera le mois prochain de 110 km/h à 90 km/h sur les 30 km d'autoroute entre Marseille et Aix-en-Provence et entre Martigues et Fos-sur-Mer. Ce Plan de protection de l’atmosphère vise principalement à réduire l’émission de polluants dans les secteurs concernés.

Selon la préfecture cette mesure a déjà permis "un gain de 1 % sur les émissions de particules, d'oxydes d'azote et de CO2 par le trafic urbain" dans les zones concernées. Une baisse de 5 % des polluants a aussi été constatée sur un autre secteur. Cerise sur le gâteau, en quatre mois, la préfecture indique que le nombre de kilomètres de bouchons sur l’A7, dans le sens Lyon-Marseille, "est inférieur de 19 %" par rapport à l’an passé (241 kilomètres de bouchons relevés contre 297 l’an passé). Côté sécurité, le nombre d’accidents a également baissé, selon la préfecture, de 60 % par rapport à 2011 grâce aux limitations de vitesse notamment dans le secteur de Septèmes-les-Vallons.

L'éducation routière avant tout

Favorable à cette initiative, Patrick Rock estime qu’on réduit ainsi "la vitesse d’impact" et donc la gravité des accidents. Mais selon le directeur de l'association Prévention routière dans les Bouches-du-Rhône, si l'on veut limiter les accidents il faut surtout travailler "sur l’éducation routière et le comportement des automoblistes". Des comportements qui "ne sont pas près de changer", assure Robert, qui emprunte régulièrement l’autoroute entre Marseille et Aix. "À 90 km/h, les gens vont stresser et accélérer quand même", estime-t-il.

Professionnel de la route, le président du Syndicat des taxis marseillais, Jean Gamicchia, n’est "pas contre ces limitations", mais il attend de voir leur efficacité. "Aux heures de pointe, que la vitesse soit limitée à 110 ou à 90 km/h, c’est toujours bouché à l'entrée et à la sortie de la ville". Une saturation due, selon lui, au nombre de "plus en plus élevé de voitures sur les routes", alors qu’il manque "des infrastructures comme la L2 pour désengorger la ville".