Metro - Règlements de comptes, commerçant tué lors d’un braquage... Les marseillais, plus qu’ailleurs, ressentent un fort sentiment d’insécurité. Comment lutter contre ?
Pierre-Marie Bourniquel : "Il suffit d’un fait particulièrement violent, comme le commerçant poignardé, pour que le sentiment d’insécurité explose. Chacun analyse sa situation et se dit, 'ce pourrait être moi aussi'. La surmédiatisation finit aussi par vous vriller le crâne. Pour répondre à cela, nous, ce que nous souhaitons, c’est obtenir des résultats. Si à travers les médias, les gens voient qu’il y une réponse de l’Etat, automatiquement cela renforce le sentiment de sécurité. Mais il faut aussi se rapprocher de la population. Il faut des policiers décomplexés qui savent aller au-devant du public".

C’est le retour de la police de proximité ?
Il est stupide de dire que la droite, c’est la répression et la gauche, la prévention. La sécurité intérieure, elle n’est ni de droite, ni de gauche. C’est un équilibre entre la prévention et la répression. L’une des erreurs de la police de proximité d’avant, c’est qu’on a voulu, tout de suite, à effectif constant, multiplier les patrouilles. On ouvrait des bureaux de police en gaspillant nos forces. Cela vous bouffe du personnel et le policier n’est plus sur le terrain.

Quels moyens faut-il pour trouver le juste équilibre ?
Il faut revenir aux fondamentaux. Je n’invente rien, mais arrêtons de multiplier les réunions, revenons au plus près des gens. Pas une police fleur bleue. Si les gens voient des policiers en patrouille qui n’arrêtent pas les méchants, ils se décrédibilisent. Il faut aussi travailler dans la répression. C’est une action combiné. Les brigades en VTT sont par exemple une réponse. Ils sont visibles, couvrent une longue distance et interviennent rapidement. Certes Marseille ne sera jamais Monaco. Stopper les agressions, je n’y arriverai pas, mais peser sur les délinquants, oui.