Un groupe de dix-huit personnes sourdes et leurs quatre accompagnateurs ont été interdits de vol dimanche dernier à l'aéroport de Marseille-Provence en raison de leur handicap. Membres de la section sénior de l'Association des Sourds de Marseille, ils devaient embarquer sur un vol d'Air Méditerranée à destination de la Turquie.
Mais, après avoir enregistré leurs bagages en soute, ils se sont vu refuser l'accès à l'avion par le personnel de la compagnie, le commandant de bord évoquant des "raisons de sécurité". Ce groupe qui, avait pourtant déjà voyagé récemment en Tunisie sans aucun problème était bien conscient des mesures de sécurité inhérentes à ce genre de déplacement, "mais le pilote est resté sur ses positions sans même daigner venir se rendre compte par lui-même" comme l'a expliqué Fabienne Guiramand, interprète en langue des signes, dont la mère faisait partie du groupe.
Pour sa défense, la compagnie aérienne, par la voix d'Anne Loubet, sa directrice générale a expliqué au journal Libération la décision de son équipage par le fait que la compagnie n'aurait pas été prévenue à temps du handicap des voyageurs : "Les malentendants sont considérés comme des personnes à mobilité réduite, et nous devons mettre en place des personnels supplémentaires dans ces cas-là".
Un fait que réfute l'interprète du groupe. Pour elle, les voyageurs n'étant que sourds ou mal-entendants, l'agence de voyage n'avait pas à prévenir particulièrement la compagnie puisque seules les personnes sourdes et aveugles sont considérées comme à mobilité réduite par la loi. Une malheureuse affaire qui ne devrait pas en rester là.
Ce mercredi, la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot a officiellement demandé au Défenseur des droits nouvellement nommé, Dominique Baudis, de faire toute la vérité dans cette affaire et plus globalement de lui faire "un point pour sur les discriminations que subissent encore les personnes handicapées dans l'accès aux transports".
Les membres du groupe entendent également obtenir le remboursement du séjour et de leurs frais par leur voyagiste (FRAM) et vont attaquer Air Méditerranée en justice en demandant des dommages et intérêts au titre du préjudice moral subi.














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