Une méthode radicale. Repaire de toxicomanes la nuit tombée, la gare Sainte-Marthe va cette semaine changer de couleur révèle La Provence. Finie la lumière blanche à l’extérieure de la gare, des spots lumineux bleus vont être installés pour empêcher les injections avec seringues. "Avec cette lumière, les toxicomanes ne voient pas leurs veines qui sont bleues aussi" explique Benoît Gloumeau, à l’origine de cette initiative, mise en place après des plaintes de riverains et de voyageurs.

Gênés, les toxicomanes n’auront d’autres choix que de partir, selon le responsable du service maintenance-patrimoine des gares SNCF en région Paca, convaincu de l’efficacité de cette méthode. "C'est une pratique qui existe déjà et qui a montré des résultats dans d’autres lieux, comme les parkings ou les toilettes de discothèque."

A titre expérimental

Au nombre de cinq, les spots lumineux, à 250 euros l’unité, seront disposés sur les réverbères de la gare et plus particulièrement sur l’un des abris du quai. "C’est vrai qu’on voit souvent des seringues dans cet abri. Ça peut être dangereux pour les enfants", témoigne Christophe, un usager. Plutôt favorable à cette méthode, Jacqueline, gérante d'un pressing situé en face de la gare, se demande toutefois où iront les toxicomanes.

"Nous n’avons pas la prétention de traiter le problème de la toxicomanie, seulement d'apporter une solution pour les usagers", répond Benoît Gloumeau. Cette première sur les quais en France sera expérimentée pendant six mois avant une possible extension "à d’autres gares", précise le responsable de la SNCF. Reste à savoir, si à la nuit tombée, cette lumière bleue ne risque pas de gêner les usagers ou les conducteurs de trains à leur arrivée en gare.