"Ma famille est dans l'extrême douleur car rien n'est pire que perdre un enfant." C'est un cri de détresse que Nora Preziosi, l'adjointe au maire en charge de la Jeunesse et des sports à Marseille, pousse dans les colonnes du quotidien La Provence. Les règlements de comptes qui endeuillent régulièrement la cité phocéenne viennent de toucher cette élue, de plein fouet, pour la seconde fois.

En effet, l'homme qui est tombé sous les balles vendredi soir n'est autre que son neveu. Un drame qui fait écho à un autre puisque Nora Preziosi avait déjà vécu la même tragédie quand en 2012, un autre de ses neveux, Iliès, avait trouvé la mort dans des circonstances similaires.

Selon les premiers éléments de l'enquête, Zakary Remadnia, décédé vendredi, circulait à scooter dans le XIVe arrondissement lorsqu'une voiture s'est portée à sa hauteur, l'a dépassé puis l'a fait chuter. L'homme de 24 ans a alors tenté de prendre la fuite, pourchassé par deux des occupants de la voiture. Il a ensuite été mortellement touché par des tirs de Kalachnikov, dont 50 étuis ont été retrouvés sur place.

"J'ai très mal et je pleure, mais je ne renoncerai jamais"

"Je pleure tous ces enfants qui meurent mais je plains aussi ceux qui tuent car ce sont en réalité les mêmes désœuvrés, perdus, désespérés", déclare l'élue. "Je plains toutes ces familles endeuillées comme toutes celles qui n'ont pas su ou pas pu transmettre les valeurs de travail, d'effort, de citoyenneté, d'appartenance à une même nation, laissant leurs enfants dans l'illusion d'une vie facile dans l'illégalité", poursuit-elle.

Nora Preziosi en appelle à "toutes les bonnes volontés et toutes les énergies (...) pour rebâtir deux sanctuaires en ruine : la famille et l'école. C'est là tout le sens de mon engagement politique."
"Ma fille et mon fils sont à l'université quand leurs cousins germains se font abattre. Pourquoi? Il n'y a pas de fatalité de l'échec ni du malheur. J'ai très mal et je pleure, mais je ne renoncerai jamais", s'indigne-t-elle.

Selon le procureur de la République de Marseille, la victime de vendredi "semblait diriger l'un des ''plans stups''" de la cité Font-Vert (XIVe arrondissement,) et était soupçonnée d'être elle-même liée à plusieurs règlements de comptes ayant eu lieu dans les Bouches-du-Rhône et en région parisienne.