La justice attendait des réponses, elle se contentera de simples excuses. Poursuivi pour "actes de cruauté envers un animal domestique ou apprivoisé", un petit chat en l'occurence, Farid Ghilas, 24 ans, a été condamné lundi par le tribunal correctionnel de Marseille à un an de prison ferme et une interdiction définitive de détenir des animaux.

Pendant toute la durée du procès, le jeune homme, vêtu d’un bas de jogging et d’un simple T-shirt de sport rouge, a paru absent. Passé sur le gril des questions du président du tribunal, Mohamed Mahouachi, pour tenter de comprendre l’inexplicable (une vidéo le montrait en train de jeter un chat sur un mur), Farid Ghilas n’a fourni aucune explication claire sur ses motivations. "Je ne sais pas ce qui m’a pris", répétera-t-il à plusieurs reprises. "Je me promenais dans le quartier. Le chat est venu vers moi. Je l’ai pris, je l’ai balancé. J’ai fait le con, je regrette", dit-il sans montrer une grande émotion.

Ambiance électrique à la sortie du tribunal

Une analyse peu crédible aux yeux du président. "Je pense qu’il y a eu une mise en scène", affirme-t-il avant de demander la diffusion de la vidéo des sévices du chat postée sur Internet. Un silence de plomb envahit alors la salle bondée du tribunal à mesure que les images pénibles défilent sur l’écran. Impassible, Farid Ghilas regarde d’un œil l’atrocité de ses actes. "Je m’excuse", murmure-t-il à la fin de la vidéo.

Des excuses "bien maigres", confie Andy Salviano, la présidente de la SPA Marseille, partie civile dans cette affaire. "Nous sommes avant tout satisfaits de la peine prononcée, poursuit-elle. "Un an, c’est lourd mais tant pis, il faut un exemple pour tous ceux qui martyrisent les animaux", conclut-elle en demandant aux manifestants massés à l’extérieur du tribunal, dans l’attente du jugement, de respecter la sentence. Peine perdue. "Sortez-le qu’on le voit et qu’on se le fasse", hurle un homme avec son chien.

Malgré les tentatives d’appel au calme, rien n'y fait. La tension monte de plus en plus. "On a la haine contre lui", souffle Mike venu avec son amie pour "voir le visage de Farid". Même si la plupart des manifestants se réjouissent de la prison ferme, le rassemblement prend des allures de scène de lynchage en attendant la sortie du condamné. Par une porte dérobée, celui-ci sera envoyé en détention dans une voiture de policiers pour éviter de croiser la foule. Heureusement.