Toutes les caméras étaient là, la tension aussi. Ce dimanche soir du premier tour des élections municipales, des chômeurs et des précaires ont tablé sur la présence médiatique en face des QG d’Anne Hidalgo (PS) et Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) pour donner de la résonance à leur cri de colère. Ils ont été dégagés manu militari, sous les gaz lacrymogènes.

Devant le Café Delaville (9e), alors que NKM venait d'entamer son discours peu après 21h30, des militants ont fait irruption sur la scène. "Chômeurs, précaires" hurlent-ils, alors que commence une énorme bousculade. "Ils ont blessé Marielle [de Sarnez, ndlr]" crient certains élus, tandis que les ceux du 15e, Philippe Goujon et Jean-François Lamour, par ailleurs ancien champion de judo, les mettent dehors manu militari, dans un immense fracas de tables et de vaisselle renversée. "C'est du grand n'importe quoi, soupire un serveur. On a des clients ici". NKM, imperturbable, a continué son discours.

Avant de se faire évacuer par le service de l’ordre, les militants ont à peine le temps de dire qu’ils sont. “On est un collectif de chômeurs, de précaires, on a pas encore de nom, on va bientôt se faire connaître".

Utilisation de gaz poivré

Du côté Anne Hidalgo, des incidents similaires ont été recensés. Des intermittents du spectacle sont venus manifester violemment devant le QG de la candidate PS, selon un journaliste de BFMTV qui a assisté à la scène. "Une petite vingtaine d'intermittents, de précaires et de chômeurs sont venus manifester [...] en fin de soirée. Ils ont tenté de s'en prendre à son porte-parole Bruno Julliard, contraignant les équipes d'Anne Hidalgo à utiliser du gaz au poivre", a raconté le journaliste à l'AFP.

Jean-Louis Missika, directeur de campagne d'Anne Hidalgo, a confirmé les faits. "L'agression venait des manifestants, a-t-il assuré. Ils avaient balancé deux grilles sur les vitres de notre QG avant que nos équipes de sécurité n'utilisent du gaz poivré".

Sur iTélé, le porte-parole du PS David Assouline a dénoncé une "provocation", "quelles que soient les motivations qui peuvent habiter des revendications qu’on considère légitimes". Face à lui, le député UDI Yves Jégo lui a demandé “d’assumer d’être au pouvoir” : "il faut vraiment [...] que vous assumiez la colère que déclenchent vos prises de décisions".

Peu avant, les forces de l'ordre avaient procédé à l'évacuation d'une centaine d'intermittents et de précaires installés depuis vendredi au Carreau du Temple, nouveau lieu pluridisciplinaire de la Ville de Paris, selon un membre de la coordination des intermittents et précaires.