À un mois du premier tour des élections municipales à Paris, la nouvelle tombe mal. Comme NKM ou Anne Hidalgo, Charles Beigbeder a sollicité le soutien financier des militants de son parti "Paris libéré", fondé en janvier dernier. Mais le dissident de l'UMP semble avoir oublié quelques règles élémentaires.

Pour que le coût de la campagne ne pèse pas seulement sur les épaules de ses candidats, l'entrepreneur a lancé des appels aux dons dans chaque arrondissement, ainsi qu'une page de soutien sur son site Internet. Problème, l'article L.52-1 du Code électoral exige qu'y soient indiquées "l'élection en cause et l'identité du candidat" et que les dispositions de l'article L.52-8 soient reproduites sur ledit site. Mercredi après-midi, ces règles n'étaient toujours pas mentionnées.

Appel aux dons par PayPal

Plus grave, Paris libéré a permis à ses militants de donner de l'argent via PayPal. Or, cette pratique est formellement interdite par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Son guide, mis à disposition des candidats, rappelle en effet (à la page 7) que "les dons des personnes physiques et le produit des collectes doivent obligatoirement être versés directement au compte bancaire du mandataire (cf. article L. 52-9 du Code électoral)".

Une disposition qui "exclut le recours au système de paiement utilisé par le parti", confirme un expert juridique à metronews. Une fois l'élection passée, Charles Beigbeder risque donc un "rejet" ou une "réformation" de ses comptes de campagne selon le montant de l'argent récolté.

Le parti va rembouser

Contactée par téléphone après la mise en ligne de l'article, la responsable de la communication de Paris libéré, Caroline Duboc, assure que les paiements en ligne via PayPal ont été désactivés "il y a quelques temps, lorsque nous avons su que cela était illégal". Pourtant, après avoir raccroché, metronews a pu effectuer une transaction.

Depuis, Paris libéré a tout simplement supprimé la page de soutien figurant sur son site. "Les sommes encaissées sur ce compte, d’un montant totalement dérisoire (de l'ordre de 400 €) ont été bloquées et non dépensées, a indiqué le candidat dans un communiqué. Elles sont en cours de restitution intégrale à leurs destinataires."