Voitures, camions, motos et scooters divisent souvent les candidats aux municipales. Le vélo, lui, les fédère. Aspiration sincère ou opportunisme électoral, les faits sont là. Selon une étude réalisée fin 2012 par le Syndicat des transports d'Ile-de-France, un tiers de ménages parisiens possèdent un vélo et la pratique a doublé en dix ans, au détriment de l'automobile. Le service Vélib', qui représente le tiers de déplacements à vélo à Paris, culmine à 250.000 abonnés à l'année. Et les Parisiens ne se semblent plus se contenter des 700 kilomètres de pistes cyclables à leur disposition.

Les candidats aux municipales ont pris la mesure du phénomène de société. La preuve : ils seront tous représentés lors du débat organisé par le collectif Vélorution, jeudi soir à 19h30 à la Maison du vélo. "Nous sommes très surpris mais heureux, savoure le porte-parole du collectif, Philippe Colomb, qui organise pour la première fois ce type d'événement. Cela montre une demande très forte dans ce domaine." En amont du débat, Vélorution a ouvert un cahier de doléances aux cyclistes parisiens. Parmi les principales préoccupations remontent, selon le militant, "le respect des aménagements cyclables, les questions de sécurité, de stationnement et de vols de vélos".

Pistes cyclables et places de stationnement

Les candidats ou leurs représentants viendront avec plusieurs propositions sous le coude. Anne Hidalgo (PS) rappellera qu'elle veut doubler les pistes cyclables, créer une liaison entre les bois parisiens ainsi qu'une rocade autour de Paris. Elle souhaite également généraliser Vélib' en proche banlieue.

L'écologiste Christophe Najdovski, comme la candidate socialiste, précise à metronews son intention de "sécuriser" les grandes places parisiennes. Mais au-delà, il veut "généraliser les zones 30 hors des grands axes" pour y aménager des "pistes cyclables à double sens". Il imagine "des milliers de places" sous forme de garages à vélo dans les rues et près des gares. Enfin, il propose de porter de 33 % à 50 % l'aide à l'acquisition d'un vélo à assistance électrique et de créer un "chèque vélo de 50 euros" pour l'achat d'un vélo chez un petit revendeur.

"Boucle cycliste intégrale"

A droite, l'équipe de Nathalie Kosciusko-Morizet porte plusieurs promesses. D'abord, son grand projet de "boucle cycliste intégrale de 43 km" sur la petite ceinture réaménagée. Ensuite, la création "annuelle" de "3.000 places de stationnement sécurisées", mais aussi la mise en place de Vélib' électriques. Même le Front national, plutôt défenseur des automobilistes, a une pensée pour les cyclistes. Son programme prévoit certes d'interdire le contresens cyclable, autorisé depuis 2010, dans les rues étroites, mais il veut aussi "mieux protéger les pistes cyclables" et "verbaliser systématiquement" les voitures qui empiéteraient dessus. Enfin, le Parti de gauche veut "municipaliser" et rendre Vélib' gratuit, développer les pistes cyclables et les places de stationnement dédiées.

L'aube d'une ère cycliste à Paris ? "Ce n'est pas encore mirobolant, tempère Philippe Colomb, de Vélorution. Seuls 5 % des déplacements se font à vélo, contre presque 10 % à Strasbourg. Mais on progresse !" Au point, en tout cas, de faire du vélo l'étape incontournable d'une campagne électorale.