Le verdict est tombé dans l’affaire Gilles Patron. Le père de la famille d’accueil de Laëtitia Perrais – qui s’était fait connaître en 2011 après l’arrestation de Tony Meilhon en réclamant devant les médias des sanctions exemplaires contre les "violeurs récidivistes" – a été condamné vendredi à huit ans d'emprisonnement pour des viols et agressions sexuelles commis sur Jessica, la sœur jumelle de Laëtitia, et quatre autres adolescents.

La cour d’assises de Loire-Atlantique a assorti sa peine d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans et d’une privation de ses droits civiques durant dix ans. Le nom de Gilles Patron sera également inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Gilles Patron a demandé "pardon" à Jessica

Avant que les jurés ne partent délibérer, vendredi midi, Gilles Patron avait demandé "pardon" à Jessica, qui avait été placée chez lui par les services sociaux, comme une cinquantaine d’autres enfants. Tout au long de son procès, il avait reconnu tout au plus lui avoir fait "des masturbations" et "trois ou quatre cunnilingus" après ses 18 ans. L’assistant familial de 64 ans - à qui le conseil général a retiré depuis son agrément - avait en revanche réfuté tout geste déplacé lorsqu'elle était mineure et toute agression sexuelle sur les autres plaignants.

Pour ces faits-là, son avocat avait d’ailleurs demandé son acquittement. Et laissé la cour "apprécier" la nature de ses relations avec Jessica, qui lui semblait consentante... "Elle n’a jamais été contrainte de se taire, mais s’était laissée faire par habitude et par crainte de se retrouver à la rue", avaient conclu pour leur part les enquêteurs. Au final, Gilles Patron n’a été acquitté que pour un seul des plaignants.

L’avocat de Gilles Patron tente de positiver

Le verdict des jurés a donc logiquement satisfait la sœur de Laëtitia Perrais. "Jessica est évidemment soulagée, d’une part par la fin de ce procès, et par le fait d’être pleinement reconnue dans ce qu’elle a pu déclarer avoir subi de la part de Gilles Patron", a réagi son avocate Cécile de Oliveira. "C’est un arrêt plein de modération et de sagesse, qui vient terminer d’une manière extrêmement raisonnable – d’un point de vue judiciaire – une histoire qui avait démarré dans un emballement qui n’était peut-être pas très raisonnable".

L’avocat de Gilles Patron, quant à lui, a essayé de positiver. "Je suis tout de même un peu rassuré par la peine, qui est très sensiblement inférieure à ce qui avait été requis [treize ans de réclusion criminelle, ndlr]", a déclaré Me Thierry Fillion aux journalistes à la sortie de la salle d’audience. "Il y a un acquittement, j’espérais qu’il y en aurait plusieurs."

Celui-ci va revoir son client la semaine prochaine à la maison d’arrêt de Nantes, où il a avait déjà été placé huit mois en détention provisoire, pour prendre connaissance des motivations écrites de la cour d’assises. "Je pense que la lecture avec Gilles Patron de cette motivation sera d’un grand secours pour comprendre cette décision, éventuellement l’accepter ou au contraire inscrire un appel", a ajouté l’avocat. Ils ont dix jours pour cela.