Louis de Funès n'a pas fini de faire rire. Des records d'entrées au cinéma, des millions d'inconditionnels à chaque diffusion de ses films à la télé. La popularité de cet acteur aux mimiques inimitables n'a pas pris une ride. Dernière preuve en date, le succès du musée ouvert en juillet dernier à Cellier, là où il possédait un château. Installé dans un deux-pièces prêté par la commune, l'établissement a vu défiler 5.000 personnes en cinq mois.

Ses initiateurs, Roselyne et Charles Duringer, sont parvenus à louer les 190 m² de l'orangerie du château où l'acteur s'est éteint en 1983 à l'âge de 68 ans. Pour financer ce projet, ils ont lancé une souscription publique sur Internet qui a rapporté plus de 11.000 euros et un emprunt. "Ça fait plaisir de faire plaisir, nous voulons faire en sorte que la magie de Louis de Funès se poursuive", explique M. Duringer, tandis que son épouse vend les billets aux familles qui se bousculent ce mercredi, premier jour d'ouverture du nouvel établissement.

Les baguettes et les casques de La Grande vadrouille

C'est toute mon enfance, tous les moments de bonheur, tous les moments de rigolade...", raconte, ému Olivier, un des premiers visiteurs, venu de Dunkerque (Nord). "On a tout le temps le coeur gai à la fin du film...". Autour de lui se pressent les cheveux blancs, les trentenaires ou quadragénaires, et les petites mains timides de leurs enfants ou petits-enfants qui ouvrent doucement les meubles des années 60 dans lesquelles l'âme du musée, Roselyne Duringer, a glissé photos, objets privés et souvenirs de tournage.

Au fil des pièces, c'est un déluge de souvenirs, d'enfance ou de jeunesse, qui déferle sur les visiteurs... Le chapeau noir de Rabbi Jacob mais aussi un grand bocal des chewing-gum "Le Yankee" ronds et multicolores, droits sortis d'une autre scène d'anthologie de ce film... Les baguettes cassées par le chef d'orchestre Stanislas Lefort dans La Grande Vadrouille, ainsi que l'un des casques allemands qui coiffent dans ce film Louis de Funès et son comparse Bourvil font remonter les souvenirs associés à ce film mythique... Les photos de tournage montrent les fous-rires hors champ des deux complices.

Des rushes inédits

Dans une autre vitrine, des pièces d'or jetées sur le costume rouge de "Monsignore", évoquent le héros de La Folie des grandeurs et la mythique scène d'"Il est l'or, Monsignore", avec Yves Montand. En fond musical, "Do you, do you Saint-Tropez" des Gendarmes ou la danse de Rabbi Jacob et, suspendues sur tous les murs, d'immenses affiches de la Traversée de Paris à Fantomas, tous les "Gendarmes...".

Au fond, une petite salle de projection diffuse des rushes de tournages inédits - comme une des scènes de l'Aile ou la Cuisse - ou les souvenirs, privés et touchants, de Pierre Brohan, le fils de Marie Brohan qui tenait l'auberge "Beau Rivage" en contrebas du château, où l'acteur se réfugiait dès qu'il le pouvait pour déguster un brochet au beurre blanc et aller pêcher sur la Loire, loin de la foule et des fans.