Du vert, du blanc, les roues barré de logos : le vélo de Sébastien Bourbousson tape dans l’oeil. "Quand je suis dessus, tous les passants tournent la tête", constate-t-il avec le sourire. Et c’est le but recherché. Ce jeune ingénieur se déplace en effet à bord de son prototype de vélo publicitaire, développé par la société Ecovélo qu’il vient de créer.

Le concept est  simple : "On rémunère des cyclistes en apposant sur des vélos de la publicité", explique Sébastien qui s’est lancé avec trois associés. Et pour garantir à l’annonceur une bonne visibilité, les deux-roues sont équipés de boitiers GPS permettant de vérifier leur emplacement. "L’usager est alors rémunéré en fonction de la localisation du vélo sur la voie publique, et des déplacements qu’il effectue." Le tout, en incitant à la pratique : "Les annonceurs ne payent que pour les heures où le vélo est stationné, et les logos visibles. Mais Ecovélo va en plus rémunérer l’usager en fonction du nombre de kilomètres parcourus."

Des vélos pour consolider des emplois

Mais ce vélo-sandwich se veut surtout solidaire. Le jeune ingénieur a en effet longtemps travaillé dans une ONG. "J’avais envie de faire de la communication responsable, tournée vers l’humain. Associer mes valeurs à mon projet était fondamental", explique-t-il. Les vélos sont ainsi made in France, montés et assemblés dans des entreprises d’insertion locale. "Les clients viendront les chercher sur place, ce qui leur permettra de découvrir cet univers de réinsertion et de consolider ces emplois."

Pour l’instant, les intéressés peuvent seulement réserver un deux-roues, avant une livraison prévue avant l’été 2014 : "80% des premiers clients sont des étudiants et des retraités. Tous trouvent l’idée géniale." Pour autant, Sébastien Bourbousson n’entend pas saturer le marché. "Sur une ville, le nombre de vélos en circulation serait limité à 500. Après ce serait de la pollution visuelle", précise-t-il.

Car il est bien conscient que l’image de la publicité n’est pas toujours positive. "Pourtant, on contribue aussi à réduire les espaces publicitaires", précise-t-il. "Les annonceurs ont un budget limité et ce qu’ils mettent sur notre petit espace, ils ne le mettront pas sur de plus grands supports, type affichage public."

A Nantes, le marché est vaste : 7% de la population se déplace à vélo, plus de 3 000 Bicloo sont à disposition... Et Ecovélo vise toutes les grandes villes de France. Reste un point pour le cycliste : "Il faudra s’habituer à être beaucoup regardé dans la rue !"
 

> Contact et renseignements : www.my-ecovelo.fr