Mardi, c’est le début du ramadan. Trente jours sans manger ni boire en journée, sous un temps qui s’annonce chaud et sec. Dur. Et pour les joueurs de haut niveau, le défi monte d’un cran. Au FC Nantes, Philippe Daguillon, le kiné, doit en tenir compte. Sur la trentaine de joueurs qu’il accompagne, 7 ou 8 sont en effet musulmans. "Je leur ai demandé, mais aucun ne va le suivre cette année", raconte-t-il. "Quand on est joueur professionnel, les textes de l’Islam autorisent à repousser le ramadan, ou de ne pas le faire."

Ce qui l’arrange plutôt. Car le kiné le sait : "Ne pas manger ni boire en journée, c’est très difficile, surtout quand on pratique un sport de haut niveau." D’autant que cette année, le ramadan tombe en pleine période d’activité physique intensive. Avant le retour à la compétition début août, les Canaris viennent en effet de commencer 6 semaines de préparation. "L’entraînement est très lourd. On fait des journées comprenant parfois trois séances, soit 3 à 4 heures de sport intense. Avec la chaleur, la déshydratation, ce n’est pas vraiment compatible avec un jeûne." Ou en tout cas, c’est plus compliqué.

"C'est très problématique en compétition"

Car le kiné, qui exerce au FC Nantes depuis 1985, a eu quelques joueurs qui ont tenu à respecter les règles du ramadan. "C’était très problématique, il fallait gérer en compétition. Je me souviens d’un joueur, en plein match. On surveillait nos montres. A 9 heures, le moment autorisé pour s’alimenter, on l’a fait revenir et bourré de produits énergétiques, avant qu’il reparte sur le terrain."

Dans ces cas, les sportifs sont tout particulièrement surveillés : "On suit de près leurs performances physiques, leur alimentation, on veille surtout aussi à leur hydratation. Mais ils savent souvent très bien comment fonctionner : ils se lèvent très tôt, avant le lever du jour, pour bien s’alimenter. " A croire aussi que la foi peut faire des miracles : "Ceux qui ont choisi de faire le ramadan, n’ont jamais eu plus de pépins physiques que les autres. L’organisme a une capacité d’adaptabilité assez étonnante !"