"En l’état actuel des investigations, des constatations, des déclarations et des indices, j’ai la conviction que ce monsieur a voulu donner la mort volontairement à ce malfaiteur (…) La vie doit être absolument préservée, y compris dans ces circonstances-là". Eric Bedos, procureur de la République à Nice, n’a pas retenu la thèse de la légitime défense avancée par le bijoutier Stéphan Turk qui a tué mercredi l’un de ses deux agresseurs lors du braquage de "La Turquoise", rue d’Angleterre. Il a requis l’ouverture d’une information judiciaire pour homicide volontaire et demandé son assignation à résidence avec un bracelet électronique.

Le magistrat a également précisé que le commerçant nie avoir voulu tuer volontairement l’un de ses deux assaillants. "Il a expliqué avoir voulu tirer deux fois pour immobiliser le scooter et une troisième fois parce que le passager de ce scooter l’aurait menacé directement de son arme. Il se serait senti mis en insécurité et aurait, selon ses termes, tiré vers lui instinctivement", a détaillé Eric Bedos.

Un seul projectile sous l'omoplate droite

Une autopsie sera pratiquée "dans les heures qui viennent" afin de déterminer précisément le trajet du projectile. Une chose est certaine : "le jeune homme a été mortellement blessé d’un seul projectile qui est entré dans le dos à la hauteur de l’omoplate droite et qui est encore dans le corps au niveau du thorax". Une reconstitution des faits, et de nombreuses expertises vont être menées durant l’instruction qui "prendra du temps" estime le procureur qui a confirmé que le bijoutier détenait l’arme illégalement (ndlr : un pistolet automatique 7.65).

Son placement en détention n’a pas été demandé par Eric Bedos notamment parce que le bijoutier, inséré dans la société, a 67 ans et un casier judiciaire vierge". La décision définitive appartient maintenant aux deux juges d’instruction qui entendent depuis vendredi après-midi le commerçant assisté de ses avocats.