6 heures, ce matin, au péage de La Turbie. Sous des trombes d’eau, les fonctionnaires de la police aux frontières (PAF), épaulés par les militaires du peloton de gendarmerie d’Antibes, mettent en place leur dispositif de contrôle sur l’A8.

Le même scénario se déroule simultanément sur le réseau secondaire de l’est des Alpes-Maritimes et dans les gares de Menton. A une semaine de la "grande manifestation" contre le G20, où les organisateurs attendent près de 10 000 participants, aucun fauteur de troubles potentiel ne doit passer entre les gouttes.

"Un maillage serré"
"Une centaine d’hommes sont déployés depuis ce matin et le dispositif va monter en puissance la semaine prochaine, pour atteindre plus de 300 fonctionnaires et militaires. Le maillage va être de plus en plus serré", détaille le commissaire Jean Gazan, chef de la Paf de Menton.  Ce dispositif repose sur la "suspension" temporaire des accords de Schengen sur la libre circulation en Europe. La frontière avec l’Italie est donc désormais sous surveillance 24 heures sur 24.

Neufs motifs de refoulement
La préoccupation des autorités françaises est d’empêcher les "intrusions collectives", comme l’indiquait dernièrement à Nice le porte-parole du ministère de l’Intérieur. Au total, neuf motifs de refoulement sont répertoriés. Ils visent les personnes ne disposant pas de papiers en règles, celles inscrites sur les fichiers des services de renseignements français ou italiens pour des antécédents de violences au cours de manifestations, mais aussi toutes celles "considérées comme représentant un danger pour l’ordre public".

Dispositif dissuasif
Mais l’objectif de ce déploiement de force est surtout dissuasif. La dernière fois qu’un dispositif similaire avait été mis en œuvre, en mai 2010, à l’occasion du sommet Afrique-France à Nice, il n’avait abouti qu’à huit refoulements et trente interpellations.

En parallèle, des forces de maintien de l’ordre seront positionnées à la frontière pour empêcher toute tentative d’intrusion massive depuis l’Italie. A l’occasion du sommet de Nice, quelques trois mille personnes avaient ainsi été bloquées.