Des méduses, on ne connaît pas grand-chose, sinon leur capacité à gâcher une journée à la plage. C’est le cas de la Pelagia noctiluca, une belle et urticante variété qui pullule certains étés sur la Côte d’Azur. Cette méduse fait l’objet d’un ambitieux programme d’études mené à l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer, avec un objectif très concret : mettre au point une sorte de bulletin météo des méduses.

"J’élève des spécimens pour étudier leur métabolisme à tous les stades de leur développement”, explique Martina Ferraris, qui réalise sa thèse en biologie marine sur le sujet, sous la direction de Gabriel Gorsky. Dans son petit labo, des dizaines de cuves d’eau de mer sont sous surveillance permanente. Des Pelagias adultes, des bébés, des larves, des œufs, des spermatozoïdes, un vrai élevage de méduses. Il y a même un garde manger : "Trois fois par jour, on pêche du plancton pour les nourrir", explique Martina Ferraris.

“C’est très difficile a élever, confie la jeune femme. Pour l’instant, j’ai réussi avec quelques spécimens seulement.” D’ici à un an et demi, elle espère avoir identifié les facteurs de son développement : quantité de plancton, salinité de l’eau…

Ce programme de recherches, baptisé Med Azur, est soutenu financièrement par le conseil général des Alpes-Maritimes, qui va donner 66 000 euros pour le mener à son terme. L’enjeu, pour un département dont l’économie est liée au tourisme balnéaire, c’est de pouvoir prévoir 24, voire 48 heures à l’avance, l’arrivée des méduses. L’information serait alors diffusée sur le site du conseil général, comme un bulletin météo classique.