Il était très attendu. Et il n’a absolument rien dit sur les affaires ! Nicolas Sarkozy, pour sa première sortie depuis la révélation des enregistrements de Patrick Buisson et des écoutes de ses conversations téléphoniques par la justice, est resté bouche cousue hier à Nice, à l’occasion de l’inauguration de l’Institut Claude-Pompidou dédié à la lutte contre la maladie d’Alzheimer.

Les journalistes et des militants sont pourtant venus nombreux recueillir ses impressions. Il y avait presque de quoi s’imaginer au Festival de Cannes. Un ballet de voitures sombres a d’abord déversé devant l’entrée du site des personnalités habillées élégamment, flashées par des groupies amassés le long des barrières. Il ne manquait que le tapis rouge…

"Je ne rentrerai dans aucune polémique"

Lorsque l’ex-président est arrivé, l’ambiance a tourné au surréalisme. Les cohortes de médias, caméras et perches au poing, ont couru sur la voiture ; les services de sécurité ont, eux, joué du bras et du coude tandis qu’une dame, visiblement inspirée par cette improbable mêlée… chantait la Marseillaise comme une cantatrice. Mais la guest-star du jour semble préoccupée. Il serre des mains, décroche des sourires, mais le cœur n'y est pas. 

Pour entendre la voix de Nicolas Sarkozy, il a fallu attendre les discours officiels, en présence de Bernadette Chirac, Christian Estrosi, Eric Ciotti. Sur un ton posé, il a d’abord fait un clin d’œil "aux nombreux journalistes qui s’intéressent à Alzheimer", puis a glissé cette réflexion sur le statut de première Dame en évoquant Claude Pompidou dont l’établissement porte son nom. "Première dame ? Je ne sais pas ce que ça signifie exactement, mais vous l’avez compris, je ne rentrerai dans aucune polémique", a-t-il dit faisant éclater la salle de rire. La politique n’étant jamais bien loin, Nicolas Sarkozy a également lancé : "La maladie d’Alzheimer n’est ni de gauche, ni de droite. Je suis heureux que le gouvernement poursuivre le plan (NDLR : Alzheimer) que nous avons initié."

La colère de Bernadette

Là encore aucune allusion à ses désagréments du moment. Pas plus d’ailleurs lorsqu’il est reparti déjeuner à la mairie de Nice après une nouvelle cohue en pleine rue, ponctuée cette fois de l’intervention d’un opposant portant deux chiens dans les bras et hurlant : "La politique, c’est du sérieux, regardez il n’y a que des papis et des mamies."

Du coup, c’est vers Bernadette Chirac que chacun a essayé d’en savoir plus. Erreur fatale. "Des sottises", a-t-elle répondu sobrement une première fois à des journalistes à la sortie de l’Institut Claude Pompidou. Avant d’être plus sèche devant l’hôtel de ville : "C’était le mot qu’il ne fallait pas employer (…) Allez, chercher d’autres interlocuteurs."