DERNIÈRE MINUTE - L'immeuble a été évacué par les forces de polices en fin d'après-midi sans incident.
C'est dans un immeuble au coeur du IIe arrondissement, à deux pas de la place de la Bourse que Jeudi Noir et l'association pour le Droit au logement (DAL) sont installés depuis vendredi. Sur les cinq étages de cet immeuble de bureaux de 1 500 mètres carrés, les associations comptent loger au moins 50 personnes, des familles admissibles au droit au logement opposable (DALO) et des jeunes précaires.
"Ici au moins c'est grand et propre"
"Les fenêtres du rez-de-chaussée étaient ouvertes, explique Margaux, de Jeudi Noir. Les lieux n'étaient pas surveillés et surchauffés. C'est dire si les propriétaires de ce bien ne savent pas quoi en faire puisqu'ils le laissent ouvert aux quatre vents !" L'immeuble est inoccupé depuis 2010. La société d'assurances Allianz l'occupait jusque là. Contactée par Metro, l'entreprise dément être propriétaire des murs.
Quelques familles sont déjà sur place. Labiadh, 38 ans, est arrivée vendredi avec son mari et son fils de 21 mois. La famille est titulaire du DALO depuis 2010 et vit à l'hôtel depuis le mois de février dans le XVIIIe arrondissement. "Nous avons 13m2 pour trois. Mais la chambre est infestée de punaises. Je ne dors pas la nuit pour surveiller qu'elles n'aillent pas dans le lit de mon fils. Ici au moins, c'est grand et propre", se réjouit-elle.
Les policiers bloquent l'entrée du bâtiment
"Nous avons choisi d'inaugurer l'immeuble en ce jour symbolique d'examen de la loi sur le logement de Cécile Duflot au Sénat, explique Jean-Baptiste Eyraud, le président du DAL. La loi est insuffisante sur les modalités de logement social. Il faut prendre des mesures de toute urgence et réquisitionner au moins 100 000 logements !". Pour Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de Gauche et conseiller de Paris, présent sur place, "le mesage au gouvernement est clair : on attend une autre politique et la construction de plus de logements sociaux". Les militants ont reçu le soutien du maire du IIe arrondissement, Jacques Boutault. "Je suis à leur côté sans hésitation pour les accompagner et les protéger".
Depuis 13h, une vingtaine de policiers et de gendarmes sont sur place et bloquent l'entrée du bâtiment. Christophe Driesbach, de Jeudi Noir, "généralement, c'est un préalable à l'expulsion. Nous sommes en sursis".















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