Automne 2009. Tous les partis se mettent en ordre de bataille pour les élections régionales, qui auront lieu en mars 2010. En Ile-de-France, Valérie Pécresse mène le groupe UMP. Elle propose à sa porte-parole d'alors, Rama Yade, de prendre la tête de liste dans le Val d'Oise (95). Pour justifier son choix, elle aurait suggéré à la jeune femme qu'elle collait bien avec la population locale, en raison de sa couleur de peau : "Il y a beaucoup d'Africains là-bas qui ont zéro degré de sens politique. Et toi tu sauras leur parler".

Cette phrase est rapportée par Rama Yade dans son livre, les Carnets du Pouvoir, sorti la semaine dernière et dans lequel elle règle des comptes avec beaucoup de ses anciens collègues politiques. Mais l'accusation à peine voilée de racisme passe mal. Valérie Pecresse, "indignée", a indiqué sur son blog qu'elle envisageait des poursuites judiciaires contre l'ancienne ministre des Sports.

Règlements de comptes politiques

"Ces propos sont faux. Ils sont blessants et portent atteinte à mon honneur. Ils sont contraires aux valeurs de respect de la personne qui fondent tout mon combat politique", écrit la députée des Yvelines, qui a annoncé "saisir son avocat" pour d'éventuelles suites judiciaires.

Valérie Pécresse n'est pas la seule ancienne collègue de Rama Yade à avoir été égratignée dans son livre. L'ancienne ministre de Nicolas Sarkozy y détaille notamment ses querelles avec sa ministre de tutelle Roselyne Bachelot ou avec François Fillon.