"Aujourd'hui, y'a personne, c'est la rentrée, mais demain, ils vont voir qu'on est mobilisés". Voilà comment Paul, 17 ans, et ses camarades voient la suite des événements. Le lycéen parisien participait à la manifestation organisée à l'appel de l'organisation lycéenne FIDL ce lundi à 11 heures place de la République (3e) pour demander le retour de Khatchick et Leonarda.

Surveillés de près

A leur arrivée sur place, les lycéens ont été pour la plupart surpris de la faible mobilisation d'autant que les gendarmes étaient eux venus en nombre. Face aux jeunes – entre 100 et 200 au plus fort du rassemblement – une trentaine de cars de la gendarmerie et plus d'une centaine de CRS.

A visage découvert, masqués ou cachés derrière des foulards et sous leurs capuches, les manifestants ont scandé des slogans pour faire part de leur colère suite à l'expulsion de Leonarda, 15 ans, et Khatchik, 19 ans. Ils avaient également déployé une banderole proclamant "papiers ou pas, éducation pour tous". Après avoir repris plusieurs fois les refrains : "première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d'immigrés" ou encore " les expulsions   non non   non",   les jeunes ont quitté la place peu après midi dans le calme.

Nouvelles mobilisations

Un peu plus tôt dans la journée, huit lycées parisiens sur la centaine que compte la capitale avaient connu des perturbations. Parmi eux, les lycées Turgot (3e), Maurice-Ravel (20e), Charlemagne (4e), Paul-Valéry (11e) et Dorian (11e). Tous avaient déjà connus des blocages avant les vacances de la Toussaint.

De nouvelles actions sont prévues mardi à l'appel des organisations lycéennes UNL et Fidl et étudiante Unef avec des blocages annoncés le matin et une manifestation place de la Bastille (11e) à midi. "Le rassemblement est prévu à l'heure du déjeuner. Là, on va avoir plein de monde" déclarait Claire, 16 ans lundi. Les organisations syndicales "exigent "le retour de Katchik et Leonarda".

Invité du 7h-9h de Patrick Cohen sur France Inter lundi matin, le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon avait demandé  "Pas de violence, pas de blocus". Il n'a été que partiellement entendu.