Militants antifascistes et skinheads ne se croiseront pas dans la rue ce week-end. Les deux manifestations annoncées samedi 14 septembre dans la capitale ont été annulées sur ordre des autorités, ont annoncé les organisateurs. 

Troubles à l'ordre public

Le premier rassemblement était organisé en mémoire de Clément Méric, étudiant de Sciences Po de 18 ans et militant à l'Action antifasciste Paris-Banlieue décédé le 5 juin dernier après avoir été agressé en plein Paris par des skinheads.

Le second était lui annoncé par les soutiens à Esteban Morillo, 20 ans, suspecté d'avoir porté les coups mortels au jeune homme et mis en examen pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". 

"Nous redoutons des débordements et des troubles à l'ordre public, indiquait mardi soir une source policière. Sur ce genre de manifestations liées à des événements aussi tragiques et à connotation politique, c'est malheureusement bien souvent inévitable". De son côté, la préfecture de police de Paris précisait que "l'arrêté d'interdiction n'a pas été notifié" ce mardi à 17 heures.

Morillo contre la manif

Lundi soir, Esteban Morillo avait déclaré par la voix de son avocat qu'il refusait que son nom soit associé aux groupuscules qui manifestent ou récoltent des dons en sa faveur.

"Esteban Morillo entend se défendre seul, sur les faits et rien que les faits. Il ne veut pas être le porte-drapeau de groupes qui se sont déjà manifestés dans cette affaire", a déclaré Me Maisonneuve confirmant des propos tenus sur le site du NouvelObs.

Ce mardi, on apprenait par ailleurs qu'un autre skinhead âgé de 20 ans qui avait participé à la rixe en juin avait été mis en examen le 2 août pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.