Officiellement, il s'agit d'une tournée de "sécurisation" des transports en commun. Mais "l'opération anti-racaille", le nom que Génération Identitaire – la branche jeunesse du bloc identitaire, un groupe d'extrême droite – a donné à l'opération qu'ils organisent ce vendredi soir est un peu moins policé. Après Lille ou Lyon, c'est aujourd'hui dans le métro parisien que les membres de la capitale entendent se réunir.

"Nous allons emprunter une ligne de bout en bout et nous arrêter à chaque station, détaille Damien Rieu, porte-parole du mouvement. Si quelque chose se passe, on intervient." Remarquables grâce à leurs blousons jaunes ou leurs sweats noirs à capuche, les militants assurent ne pas vouloir prendre la place des forces de l'ordre. "Nous voulons simplement être des citoyens vigilants", assure Damien Rieu.

Tensions

En fait d'opération à grande échelle, les identitaires entendent surtout "faire le buzz" pour faire parler d'eux : à Lyon et à Lille, les opérations ont été très suivies par les médias et encadrées par les forces de l'ordre, mais n'ont pas donné lieu à des interventions particulières. "Nous voulons faire réagir", confesse Damien Rieu.

Une initiative qui n'est pas du goût de tous. Le mois dernier, la ligne des droits de l'homme (LDH) s'était émue de leur présence dans le réseau souterrain lillois et avait demandé à la préfecture du Nord "d'interdire et de sanctionner" ces tournées. Une tâche difficile : le lieu de la réunion est généralement tenu secret jusqu'au dernier moment. Car les tournées des identitaires donnent généralement lieu à des affrontements avec la police ou des militants d'extrême gauche. Il y a un mois, à Lyon, le groupe avait été pris à partie par des usagers puis par des militants d'extrême gauche. La rame avait dû être immobilisée plusieurs minutes avant l'intervention de la police. Une agitation qui, plutôt que d'amener le calme dans les esprits avait finalement davantage agacé les usagers.

EN SAVOIR + >> À Lyon, l'opération "anti-racailles" sème le trouble dans le métro