Darius est sorti du coma, mais il est loin d'être tiré d'affaire. Ce jeune Rom, roué de coups en juin dernier par des jeunes de la cité voisine de son camp, à Pierrefitte, est resté longtemps dans un état végétatif. Les médecins ont considéré qu'il avait assez récupéré pour sortir de l'hôpital. Mais il garde de graves séquelles, qui nécessitent un suivi régulier : calcifications aux genoux, problèmes neurologiques, et de troubles cognitifs.

Mais ce ne sont pas ces ennuis médicaux qui pourraient s'avérer le plus dangereux pour le jeune homme. Darius a en effet atteint ses 18 ans ce week-end. L'ambassade de Roumanie a automatiquement cessé de prendre en charge sa couverture maladie, a annoncé Libération. Le jeune homme s'est donc retrouvé ce lundi dehors, sans toit et graviterait "dans des campements du Val-d’Oise et de Seine-Saint-Denis" avec sa famille, indiquent nos confrères.

Aucune interpellation

Le service social de l’hôpital travaillerait en collaboration avec le consul de Roumanie pour prolonger le financement de sa convalescence. Son avocate a également indiqué qu'elle pourrait solliciter l'Aide médicale d’Etat (AME). Mais "l’activation d’une AME prend plusieurs mois", regrette-elle dans le quotidien. Malgré ces difficultés, l'hôpital a décidé pour l'heure de continuer à lui prodiguer des soins.

L'enquête, de son côté, en est toujours au point mort. Darius avait été retrouvé laissé pour mort, dans un chariot de supermarché, près d'un quartier défavorisé de Pierrefitte-sur-Seine. L'adolescent, qui vivait depuis peu avec sa famille et d'autres Roms dans une maison désaffectée, y avait été enlevé par un groupe de jeunes qui le suspectaient d'avoir cambriolé un appartement. Mais aucune interpellation n'a pour l'instant été effectuée.