POLITIQUE - Bertrand Delanoë a répondu pendant une heure vendredi aux questions des Internautes. Retour sur quelques déclarations du maire socialiste de Paris faites cette occasion.
- Sur la longue attente pour les places en crèche
" Je vais être le maire qui a fait le plus de crèche et ce dans des proportions considérable. En deux mandats, c'est plus de 10 000 places en crèche que nous avons créées. Cette année par exemple (en 2012 ndlr), nous allons en ouvrir 950. Il faut savoir d'abord qu'il y avait un énorme retard et qu'il y a 122 000 Parisiens de plus depuis dix ans, en particulier beaucoup de jeunes et de jeunes ménages. J'en suis très content parce que pendant les quinze dernières années avant 2001, Paris avait perdu 175 000 habitants. Mais je suis un peu débordé par la vitalité des Parisiens… Paris a actuellement une dynamique démographique assez importante. On met les bouchées double pour livrer toutes les places en crèche prévues… Mais il faut plusieurs années pour faire un établissement. Il faut trouver le terrain, faire des études, lancer des appels d'offre… Ce que je peux promettre c'est qu'il y aura bien à la fin de mon mandat 10 000 places en crèche en plus. J'espère que ça satisfera quand même au maximum les demandes. Nous avons essayé d'épauler aussi d'autres dispositifs : garde d'enfants, crèches associatives… Il faut faire preuve de pragmatisme et de volonté. Je rappelle quand même à tout le monde qu'on est dans une crise dont on parlera peut-être avec des implications sur le budget de la Ville considérable".
- Sur le nombre de logements sociaux à Paris et sur les arrondissements à la traîne
"Nous sommes entre 17 et 18% de logements sociaux à Paris. Nous étions partis de un peu moins de 13%. Je garantis qu'en 2014, nous serons bien à 20% de logements sociaux à Paris. Ce qui n'aura pas réglé le problème… Ceux qui seront en responsabilité après 2014 auront à poursuivre les efforts. Je suis d'ailleurs en train de travailler avec les élus de la métropole parisienne sur une proposition pour créer une autorité métropolitaine de logements. Le problème aujourd'hui est que certaines communes comme Paris font du logement social quand d'autres refusent obstinément d'en faire. De la même manière, dans la capitale, il y a des arrondissements qui multiplient les obstacles (…). Par exemple quand je veux faire des logements sociaux dans le XVIe arrondissement, j'ai les élus locaux contre moi mais aussi beaucoup d'habitants regroupés en association qui ont beaucoup de moyens… (…) Les disparités au sein de Paris restent très fortes (…)".
- Sur la réduction des voitures à Paris
"Il y a un quart de voitures en moins à Paris depuis que je suis maire et sur certains facteurs de pollution, la baisse est de 80%, par exemple pour le benzène et le monoxyde de carbone. Par ailleurs la pollution de proximité a baissé de 32%. J'ai l'intention de continuer fermement à ce qu'il y ait à Paris moins de voiture pour moins de pollution. A la condition bien sûr d'offrir aux usagers de Paris une offre de transports considérablement diversifiée. La prolongation du tramway de la porte d'Ivry à la porte de la Chapelle est prévue pour fin 2012. Puis il y aura le tronçon qui ira de la porte de la Chapelle et la porte d'Asnières. Après 2014, j'espère que la jonction sera faite entre la porte d'Asnières et le pont du Garigliano. Par ailleurs, nous avons inauguré Autolib' qui va monter en puissance progressivement. J'ai envie de prouver aux 40% de Parisiens qui ont encore une voiture que ça ne leur sert à rien. Ca coûte très cher, environ 5 000 euros par an… Il vaut mieux qu'ils se servent de tous les transports qu'on leur propose et que quand ils ont besoin d'une voiture, il la partage… (…) Il y a aussi à multiplier les transports de proximité. Il y a une semaine a été inaugurée une nouvelle traverse, bus de proximité qui va dans les quartiers, pour les XVIIe et XVIIIe arrondissements(…) Il faut enlever tout l'espace qui est dévoré pour un déplacement individuel… Sur le boulevard des Maréchaux, le premier tronçon du tramway a changé la vie. Avant c'était une autoroute urbaine. Vous avez maintenant un vrai boulevard, avec des cafés, des commerces… Autre exemple, les voies sur berges. Le fait qu'à l'été 2012 nous allons supprimer la circulation automobile toute l'année entre le musée d'Orsay et le pont de l'Alma va permettre sur plus de deux kilomètres aux familles de se promener mais aussi d'installer des activités culturelles, des cirques… Et même peut-être du ski de fond en hiver. Nous allons créer des lieux de vie sur les bords de la Seine, un des lieux les plus exceptionnels".
- Sur son maintien à la mairie de Paris jusqu'en 2014 si la gauche remporte les élections présidentielles
"C'est mon souhait, c'est mon projet. Je trouve que c'est le projet le plus juste. J'ai été élu jusqu'en 2014 et j'ai encore beaucoup de choses à faire (…). J'ai envie qu'en 2014 ça aille très bien sans moi et pour cela il faut que je m'investisse entre maintenant et cette date. Maintenant je ne sais pas ce qu'il va se passer en 2012… Il y a une élection présidentielle. Je ne suis pas candidat à quelque poste que ce soit, de ministre ou autre... Mais il faut aussi avoir le sens des autres. Je pronostique que je vais être maire de Paris jusqu'à mars 2014 en même temps il faut savoir que l'on est dans une période où il y a parfois des gouffres qui s'effondrent sous vos pieds et qu'il ne faut pas être égoïste. Je soutiens un candidat à la présidentielle, il connaît mon état d'esprit… Mais je ne dois pas non plus refuser d'aider".
- Sur la dette de la Ville de Paris
"Nous sommes un peu endettés mais sans doute une des villes les moins endettées. Nous, à la fin 2012, nous serons à 41% de nos dépenses de fonctionnement comme montant de notre dette, c'est très peu. La moyenne des grandes villes de France c'est 80 à 85% et vous avez des villes comme Marseille qui sont endettées à 190%".
- Sur la sécurité, sujet "tabou" selon une internaute du maire de Paris
"Paris a un statut particulier où c'est le préfet de police de Paris, donc l'Etat, qui a les pouvoirs municipaux en matière de sécurité, je n'y peux rien. Cela ne nous empêche pas de financer considérablement la Préfecture de police de Paris et d'avoir notre propre politique de prévention à laquelle nous consacrons chaque année 30 millions d'euros. Nous avons innové en 2001 en créant les équipes de correspondants de nuit pour apaiser les tensions et pour que la police n'ait pas à se déplacer tout le temps. Pour 2012, nous avons créé ainsi la neuvième équipe de correspondants de nuit (…) Il y a depuis dix ans 399 policiers en moins à Paris, c'est l'Etat, et tout ça nous cause de gros problème. L'Etat a aussi supprimé la police de proximité qui était extrêmement efficace…".
- Sur une ouverture potentielle des commerces 24h/24, 7j/7j
"Une ville ça n'est pas que consommer… Il faut aussi voir sa famille, ses amis, prendre son temps, aller au cinéma… Une ville c'est aussi beaucoup de fonction de civilisation… Qu'il y ait un peu de diversité dans les horaires du commerce, ça je suis pour. Et heureusement qu'il y a un certain nombre d'épiciers qui tiennent le coup et qui sont ouverts tard le soir. Mais le fait que de grandes enseignes veulent prendre le pouvoir sur l'ensemble du commerce parisien est extrêmement dangereux parce que ça tue le commerce de proximité. Les commerçants qui peuvent ouvrir le dimanche aujourd'hui sont très défavorables à l'ouverture des grandes enseignes, parce que ça les dévore".
- Sur les travaux bruyants des Halles
"Les Halles ont été rénovées il y a plus de trente ans, et ça a été un échec monumental (…) Parmi les milieux politiques, ceux qui me critiquent aujourd'hui sur le réaménagement des Halles sont ceux qui ont fait ce que je suis obligé aujourd'hui de corriger. Il y a une douzaine d'années, tout le monde disait unanimement il faut changer… Je rappelle aussi que les Halles sont le coeur de la métropole parisienne avec 800 000 voyageurs par jour (…). Ce chantier prend du temps mais après il va y avoir une grande prairie, un lieu de nouveau civilisé. (…) Ce sera livré fin 2013. Pendant les travaux certes, il y a beaucoup de désagréments mais nous essayons de les apaiser à défaut de pouvoir les supprimer".
- Sur le pass Navigo à tarif unique en Ile-de-France
"Je fais confiance à Jean-Paul Huchon, le Président de la Région pour essayer de trouver le chemin. J'y ai été réticent (au pass Navigo NDLR) parce que la demande des Franciliens c'est plus de moyens de transports et donc tout l'argent que nous avons, nous devons le consacrer à l'amélioration de l'offre de transports. Deuxièmement, je suis tout à fait solidaire des habitants de la grande couronne qui ont besoin de se déplacer mais je ne veux pas que cela se fasse au détriment des habitants de la petite couronne et de Paris qui paient déjà cher un transport mais sont souvent entassés. Je n'accepterai pas que le coût du transport pour les Parisiens et pour les habitants de la petite couronne soit augmenté. On parle d'une dépense de 500 millions d'euros, je dis prudence (…) Jean-Paul Huchon doit essayer de trouver la solution (…) Et je ne cache pas que j'ai une différence avec les Verts sur ce sujet, qui eux disent 'on fait tout de suite le même tarif'… eux voulaient même augmenter au départ la contribution, à hauteur de 30% à 40%, des Parisiens, des habitants du Val-de-Marne, de Seine-Saint-Denis, des Hauts-de-Seine mais nous avons protesté ".
- Sur le manque de propreté dans les quartiers qui ne sont pas touristiques et qui sont laissés à l'abandon
"Tous les quartiers ont le même effort de la Ville. Depuis 10 ans, j'ai rajouté beaucoup de personnels, j'ai rajouté beaucoup d'argent, et dans le budget 2012 on rajoute encore des moyens pour améliorer la propreté. Mais il y a deux problèmes… Quand je suis arrivé à la mairie de Paris j'avais le droit de mettre des amendes très élevées par exemple pour ceux qui laissaient leur animal polluer la ville. J'ai fait une campagne annonçant 185 euros d'amende. Ca a disparu. Entre temps l'actuelle majorité parlementaire a changé la loi limitant les amendes à 35 euros. Tous les maires de droite comme de gauche demandent pourtant qu'on laisse les maires fixer les amendes pour les atteintes à la propreté mais aussi pour les PVs de stationnement qui sont ridiculement faible. L'autre problème à Paris, c'est l'incivilité, pas de tous… Par exemple, dans Le XVIIIe, il y a des endroits qui sont impeccables à 8 heures du matin et à 12h15, c'est une poubelle, parce qu'il y a des gens qui sont désinvoltes. Ce n'est pas que dans le XVIIIe d'ailleurs, c'est aussi vrai dans le VIe, dans le XVIe arrondissement… L'information nous l'avons faite mais elle est inefficace si on ne peut pas punir et punir sévèrement".
- Sur les potentielles baignades dans le lac Daumesnil (XIIe)
"Ca n'a jamais été une promesse de campagne mais c'est quelque chose que j'ai dit. Malheureusement la crise est là et je ne peux pas faire les budgets 2012, 2013, 2014 si je n'enlève pas des choses, notamment beaucoup de choses auxquelles je tiens. Il y a trop de gens malheureux, trop de gens qu'il faut épauler (…). Il a fallu que je fasse des sacrifices. J'ai préféré agir sur des sujets prioritaires et laisser le lac Daumesnil à dans 4 ou 5 ans. Mais je le regrette car moi aussi je voulais me baigner dans le lac Daumesnil".
- Sur l'avenir du PSG au parc des Princes
"Le PSG restera au parc des Princes, décision incontournable. J'ai lancé un bail emphytéotique pour le parc des Princes, la rénovation pour l'Euro 2016 ne coûtera pas un seul euro aux Parisiens. Enfin, maintenant, il y a beaucoup d'argent au PSG. Moi j'y peux rien, l'économie du foot, c'est l'économie du fric. Tous les clubs d'Europe, de France marchent à travers leur potentiel économique. Je suis content de voir que le PSG est de nouveau dans une dynamique malgré quelques récents petits pépins et donc j'ai de l'ambition pour le club. Je souhaite qu'il tienne son rang dans la compétition européenne. (…) Je soutiens l'équipe de Paris même si je baisse considérablement ses subventions…".
















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