"Les Pussy Riot ont beaucoup de courage et ne sont pas seules". C'est en ces termes que Denis Baupin, Conseiller de Paris et vice-président de l'Assemblée nationale a expliqué à Metro ce qui a motivé les écologistes à proposer, vendredi, d'élever les membres du groupe Pussy Riot au rang de citoyennes d'honneur de la ville de Paris.

Instigateur du projet, il souligne que le groupe EELV de la capitale souhaite qu'au prochain Conseil de Paris, les membres de ce groupe féministe russe aient le même titre que la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt ou la Birmane Aung San Suu Kyi car "c'est un symbole fort". "Paris est la ville où a été signée la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, c'est donc une ville qui doit reconnaître les personnes qui défendent les droits de l'homme" assure Denis Baupin.

Deux membres toujours en détention

Le Conseil de Paris avait déjà adopté, en septembre, à l'unanimité, sur proposition des écolo, un voeu de soutien aux Pussy Riot, dont deux membres sont toujours en détention à la suite de la "prière punk" anti-Poutine chantée en février dernier.

Pour Sylvain Garel, Co-président du Groupe EELV au Conseil de Paris, "les Pussy Riot sont détenues pour une histoire absurde. Il est important d'exprimer notre soutien et de réaffirmer notre solidarité". Réaliste, il précise que "le fait d'élever une personne au rang de citoyen d'honneur ne va pas la faire libérer" mais qu'à chaque fois que quelqu'un a eu ce titre, cela a été important dans sa libération. La ville de Paris "a une image très forte et cela évite que les Pussy Riot tombent dans l'oubli. Cela ne peut être que bénéfique" martèle Sylvain Garel.

Depardieu à la dérive

Ce souhait d'élever les Pussy Riot au rang de citoyennes d'honneur de la ville de Paris n'est donc pas nouveau. Cependant, l'affaire "ridicule" de Depardieu a été comme un déclic pour cette proposition. Sylvain Garel s'emporte : " Aller s'acoquiner avec Vladimir Poutine, c'est une honte". Avant d'ajouter : "C'est cela dit moyennement étonnant quand on sait qu'il soutient le président tchétchène, Ramzan Kadyrov. Depardieu est un personnage qui est dans une dérive incroyable". "Si j'avais été parlementaire, j'aurais même demandé la nationalité française pour les Pussy Riot", conclut le co-président d'EELV.

Selon EELV, "les basses oeuvres de Vladimir Poutine dépassent désormais les mesures autoritaires menées à l'encontre de son propre peuple: en accordant la nationalité russe à Gérard Depardieu, (il) s'en prend indirectement à la solidarité française et renouvelle son attachement décomplexé à l'argent".