Y a-t-il eu un emballement médiatique ? Oui, répond la préfecture de l'Essonne (91). Alors qu'ils tentaient de porter secours aux victimes du déraillement du Paris-Limoges, dans lequel au moins six personnes ont trouvé la mort, la police et les pompiers auraient fait face à des jets de pierres de la part d'un petit groupe de jeunes. D'après Le Parisien, les équipes de secours ont été "caillassées". Mais selon les autorités, l'information est "exagérée".

"Deux personnes ont été placées en garde à vue pour avoir dérobé des téléphones portables appartenant à des membres du SAMU. Des véhicules de secours ont également été caillassés. Les policiers doivent faire face à une grosse tension pour maintenir le cordon de sécurité : énormément de curieux font pression pour entrer", écrit le quotidien vendredi à 19h38. France Info confirme ces incidents. Pour France 2 et Europe 1 les faits eux, se sont produits le même jour vers 17H30.

"Aucune victime n'a été dépouillée"

Interrogée par metronews, la préfecture de l'Essonne dément ces informations. "Il n'y a pas eu de caillassages contre la police. Ce mot est largement exagéré. A l'arrivée des secours, un camion de pompiers a essuyé des jets de pierres, mais il n'a pas été atteint. Cela n'a été qu'un petit épisode", précise-t-elle. Selon l'administration, "aucune victime n'a été dépouillée, mais un portable a été volé et un suspect a été arrêté" un peu plus tard dans la soirée.

Ces rumeurs d'agression et de vols sur les victimes ont été formellement démenties par la Croix-Rouge et des sources policières."Nos équipiers n’ont rencontré aucun problème avec des badauds. Il n’y a pas eu d’agressions, nous avons travaillé de façon tout à fait normale», a d'ailleurs déclaré Jean-François Riffaud, le directeur de la communication de la Croix-Rouge qui était sur place vendredi.

Les politiques s'affrontent

Une version confirmée samedi par le ministre des Transports Frédéric Cuvillier. Sur I>télé, il a indiqué n'avoir pas eu connaissance "de victimes dépouillées" par des délinquants après la catastrophe de Brétigny-sur-Orge, comme des rumeurs en font état depuis la veille.

Selon lui, il y a bien eu des'"actes isolés", et '"une personne interpellée pour tentative de vol de portable" au préjudice d'un secouriste. Des "pompiers (...) ont été accueillis de façon un peu rude", a-t-il ajouté. Mais de "véritables actes commis en bande, non", a certifié le ministre qui a ajouté qu'"à (sa) connaissance", il n'y avait pas eu "de victimes dépouillées".

Victimes dépouillées, caillassage contre les forces de l'ordre, il n'en fallait pas plus pour enflammer les réseaux sociaux. "Purement inacceptable: #Brétigny : Le Parisien décrit une grosse tension sur place, secours caillassés", s'indigne la députée UMP Valérie Pécresse. "Triste et inconséquent de relayer des mensonges. Il y a des limites à la récupération", répond Christophe Castaner, député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence sur Twitter.