Photo mise en ligne par l'association Entraides Citoyennes, d'une femme attaquée cet été. 
Photo mise en ligne par l'association Entraides Citoyennes, d'une femme attaquée cet été.  Photo : DR

Sur le trottoir de la rue du Temple, à deux pas de la place de la République, on distingue encore de grandes traces blanches, signe d'un liquide qui a attaqué l'asphalte. "De l'acide", jeté depuis l'été dernier, sur les familles roms qui passent la nuit sur cette portion de rue. "Il fait ça depuis cet été, affirme une commerçante. À l'époque, j'avais même prévenu la police. Mais on m'a rétorqué que sans flagrant délit, ils ne pouvaient rien faire."

Les Roms refusent régulièrement de porter plainte. Mais le 16 janvier dernier, un bénévole de l'association Autremonde, surprend l'agresseur. " Le liquide était en train de ronger le matelas, un liquide noir" raconte-t-il à Mediapart, qui a recueilli son témoignage. Le couple d'une trentaine d'années, s'est résolu à porter plainte.

"Il pense que c'est sa rue qu'il doit nettoyer"

L'agresseur, un homme d'une trentaine d'années, est bien connu dans le quartier. Il habite rue Béranger, à quelques dizaines de mètres des familles Roms. "Avec ses cheveux frisés et son chien blanc, qu'il promène régulièrement, il est facilement identifiable, note un commerçant, qui l'aurait sommé plusieurs fois d'arrêter. Ce mec il est pire qu'Hitler. Il pense que sa rue, son quartier, c'est son territoire, qu'il doit nettoyer."

L'été dernier, une mère de famille avait eu le bras en partie brûlé. À quelques mètres de là, une femme affirme être sa belle-sœur. "Elle est rentrée en Roumanie, indique-t-elle. Elle a six enfants, elle a eu peur. Son bras porte encore les traces de la brûlure."

"Nous prenons l’affaire au sérieux. C’est très grave. Une plainte a été déposée, l’enquête est en cours, a affirmé le commissaire en charge du dossier à Mediapart. C’est la première fois que j’entends parler de telles agressions à l’acide. Il semble que ce soit le fait d’une personne isolée. Nous avons des pistes pour la retrouver." Actuellement, entre 5 et 10 familles dorment chaque nuit aux alentours de la place de la République.