Quatre jours à peine après l'inauguration de l'exposition, des faits de vandalisme ont été constatés. Ce jeudi, les maires PS de Paris et du 3e arrondissement, Bertrand Delanoë et Pierre Aidenbaum, ont fermement condamné les dégradations commises à l'encontre de cinq des douze panneaux présentés dans le cadre de l'exposition "La déportation des enfants juifs du 3e" sur les grilles extérieures du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM).

Une volonté manifeste

Les actes de vandalisme ont été commis dans la nuit de mercredi à jeudi au niveau du 292 rue Saint-Martin (3e) où se trouve l'entrée du CNAM. "Il n'y a pas d'inscription ou de mots injurieux. Visiblement, une ou plusieurs personnes ont tenté d'arracher les panneaux, indique Pierre Aidenbaum. Cinq ont été dégradés, les photos étaient décollées. Le ou les malfaiteurs ont sûrement été surpris alors qu'ils commettaient ces actes de vandalisme et ont sans doute pris la fuite".

Dans un communiqué, Bertrand Delanoë a témoigné sa "profonde solidarité avec toute la communauté juive. L'élu a par ailleurs redit sa "détermination à lutter sans relâche contre l’antisémitisme et toutes les formes de discrimination".

Exposition maintenue

Les douze panneaux de la rue Saint-Martin présentent les caractéristiques de la déportation des enfants juifs de l’arrondissement à travers le parcours de certains d’entre eux et se fondent sur les données rassemblées par Serge Klarsfeld.

Pour le maire du 3e, il n'est "pas question de retirer les panneaux". "Cette exposition est importante. Il est déplorable que de tels actes soient commis, déplore l'édile. Malheureusement, entre des manifestations comme 'Jour de colère', avec des personnalités comme Dieudonné et dans le climat actuel, il n'est pas étonnant que certains aient ce gendre de comportement".

Pendant la Seconde Guerre mondiale, 11 400, enfants juifs ont été déportés de France. Très peu sont revenus des camps d’extermination. À Paris, pendant la Seconde Guerre mondiale, près de 6 200 enfants juifs sont arrêtés et déportés, dont 577 pour le seul 3e arrondissement, qui compte parmi les plus touchés de la capitale. Les convois ferroviaires du mois d’août 1942 envoient vers Auschwitz et d’autres lieux d’extermination 357 enfants du 3e, regroupés à Drancy après les rafles du Vélodrome d’Hiver des 16 et 17 juillet 1942.