Un père qui tue son bébé sous ses coups, une mère accusée d'avoir gardé le silence. Mercredi soir, après deux jours de procès, la cour d'Assises de l'Essonne a respectivement condamné à 12 ans de prison ferme et trois mois avec sursis les parents du petit Yann, dont la courte vie de sept mois ne fut qu'un calvaire. L'avocat général avait requis 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre du père et cinq ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et un mandat de dépôt à l'encontre de la mère, l'un et l'autre âgés de 22 ans aujourd'hui, de 19 au moment des dramatiques faits.
L'enfant décédé depuis plusieurs jours
C'est un couple d'amis qui, de retour d'une visite, le 10 novembre 2009, dans la chambre d'hôtel où vivaient les accusés, a informé les forces de l'ordre que le nourrisson ne présentait aucun signe de vie. L'enfant était peut-être déjà décédé depuis quelques jours.
Le père a expliqué aux enquêteurs avoir donné le coup fatal le 7 novembre au matin. Les parents ont alors vainement tenté de réanimer le bébé, puis l'ont gardé dans la chambre. L'avocat général Elodie Blier a insisté sur cette "agonie lente en présence de ses deux parents, censés le protéger. C'est un huis clos épouvantable qui s'est déroulé dans cette chambre d'hôtel". Le bébé "a fini par mourir à cause de la violence de son père et de l'indifférence de sa mère", selon l'avocat général.
Un environnement violent
L'avocat du père, maître Marc-Antoine Levy, a évoqué cette "période étrange de 36 heures au cours de laquelle ils vont vivre tous les deux dans cette chambre avec le corps de l'enfant", enroulé dans une couverture. Il a rappelé l'environnement violent dans lequel évolue cet homme depuis sa naissance, et le couple qu'il formait avec la jeune femme, "fondé sur le rapport de force, la violence, la passion".
Coups, douches froides, main sur la bouche jusqu'à la perte de connaissance puis réanimations: durant les cinq mois qu'a duré sa vie, Yann a subi les violences de son père, présenté comme "extrêmement dangereux" lors du procès, qui ne supportait pas ses pleurs.
Couple séparé
Le couple s'était séparé peu de temps après sa naissance. La mère avait interdiction de voir son ex-compagnon, qui la frappait également. Interdiction qu'elle transgressait fréquemment. Maître François Rouhier, qui défend la jeune mère, a souligné l'immaturité des parents, qui "n'étaient que des enfants", et la situation de ce bébé "entre un père et une mère complètement désinvestis à son égard".
La jeune femme "a souffert de cette violence. Elle a souffert atrocement aussi du décès de son fils", a ajouté maître Rouhier, balayant le manque de sentiments reproché à la jeune femme. Depuis les faits, celle-ci a eu deux enfants, âgés de 16 et 4 mois, avec son nouveau compagnon.














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