Entre 1997 et 2004, Euro Disney, premier employeur de Seine-et-Marne, avait demandé à deux anciens gendarmes, de vérifier des milliers de noms de candidats à l'embauche ou de salariés en période d'essai. Ils les rémunéraient 240.000 francs (37.000 euros) par an pour consulter illégalement les fichiers de police Stic et de gendarmerie Judex. Les anciens officiers faisaient appel à d'anciens subordonnés pour leur transmettre les informations.

Le groupe, accusé de "recel de corruption active", "de violation du secret professionnel" et "de détournement de données informatiques confidentielles" a été condamné par le tribunal correctionnel de Meaux à payer 150 000 euros d'amende, dont la moitié avec sursis. Les deux gendarmes, déjà condamnés pour une affaire similaire, ont écopé de 6 à 10 mois de prison avec sursis et de 3.000 à 4.000 euros d'amende.

Une pratique "pas inhabituelle" chez les anciens gendarmes

"Nous prenons acte de cette décision", a réagi un porte-parole d'Euro Disney, déclarant que le groupe avait lui-même mis fin dès 2004 à cette procédure, qui n'avait été mise en place selon lui que pour assurer la sécurité du parc. Le groupe avait expliqué craindre le terrorisme ou des agressions pédophiles, alors qu'il reçoit des millions d'enfants chaque année. Le contrat avec les anciens gendarmes avait été signé après le viol d'un enfant par un employé.

"Il s'agit d'une condamnation dérisoire pour ce groupe", a réagi de son côté un syndicaliste CFDT, Daniel Rovedo, dont l'organisation, comme plusieurs syndicats, doit recevoir 10.000 euros de dommages-intérêts.

Pendant le procès, les gendarmes ont expliqué que ces pratiques n'étaient toutefois pas inhabituelles entre anciens membres des forces de l'ordre.