Officiellement, aucune décision n'a été prise. Mais en interne, on commence la réorganisation aurait déjà commencé. Alors que depuis plusieurs mois, le personnel soignant du service d'accueil des urgence (SAU) de l'Hôtel-Dieu (4e arrondissement) se bat pour éviter sa fermeture, il semblerait qu'elle approche à grands pas.

Selon des documents, que Metro a pu consulter (voir extraits ci-dessus), l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) aurait déjà prévu un calendrier. Le déménagement des urgences devrait avoir lieu en novembre 2013, après le déménagement d'autres services à l'hôpital Cochin. En janvier 2014, seul le pôle des urgences médico-judiciaires devrait rester sur le site de l'île de la Cité. Une note interne, destinée aux chefs de service de l'hôpital Cochin (14e), leur demande également de s'organiser en vue de l'arrivée d'un surplus de patients supplémentaires. "Cette fermeture entrainera (…) entre 12.000 et 15.000 passages supplémentaires par an", est-il précisé. 

Les services d'urgence parisiens saturés

"C'est ridicule, estime Gérald Kierzek, médecin urgentiste de l'Hôtel-Dieu. Tous les services d'urgence de Paris sont déjà saturés, aucun ne pourra absorber le surplus de malades. Et notre service a été rénové il y a cinq ans." Le médecin avait adressé une lettre ouverte en février dernier à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, estimant que la fermeture du SAU de l'Hôtel-Dieu équivaudrait à "une catastrophe sanitaire annoncée".

À l'AP-HP, on refuse pour le moment de parler de déménagement. "Ces documents sont des hypothèses de travail. La direction n'a pas encore pris de décision, explique Hélène Gilardi, directrice de l'hôpital Cochin. Cette réflexion intervient dans un cadre plus général d'une réorganisation des hôpitaux de Paris."

Un hôpital pour "gens debout"

Il est prévu d'installer dans le bâtiment de l'île de la Cité, construit en l'an 651, un "hôpital du 21e siècle", comprenant le siège de l'AP-HP, un musée, mais aussi un centre de santé, axé sur la prévention et la recherche. Ce centre ne comprendra aucun lit d'hospitalisation, ce qui lui a valu le surnom d'hôpital pour "gens debout".

Fin octobre, dans une lettre adressée à la directrice générale de l'AP-HP Mireille Faugère, le maire de Paris Bertrand Delanoë s'était également dit "personnellement très attaché" au maintien des urgences, qui ont accueilli 43.000 patients en 2011.