Les fauteuils de cinéma première classe ont encore fait parler d'eux. Les cinémas Gaumont-Pathé expérimentent depuis la mi-décembre un service dit "premium" de places plus chères parce que mieux placées et plus confortables dans une salle du Pathé-Wepler (18e arrondissement). Interrogé à ce sujet jeudi en plénière du Conseil régional par le groupe PS qui dénonce un "principe de ségrégation" dans l'accès à un "art populaire", M. Huchon a dit partager une même "indignation" devant des choix "consternants", surtout en période de crise.

Deuxième source de financement du cinéma par le CNC, la région Ile-de-France soutient le secteur dans toutes ses étapes de la production et la réalisation, à la modernisation et l'équipement des salles, mais pas des grands circuits de salles. "Nous n'avons aucun pouvoir direct sur la tarification (...) mais le soutien que nous apportons à la production comme à la diffusion participe d'un même esprit: promouvoir l'égalité d'accès à la culture", a déclaré le président de région, "c'est une exception française et elle fonctionne plutôt bien".

Un cinéma à deux vitesses ?

"Nous sommes donc en droit d'attendre d'un groupe de l'envergure de Pathé qu'il fasse en sorte que cette égalité soit promue et respectée", a estimé M. Huchon, annonçant qu'il allait "écrire personnellement en ce sens à Jérôme Seydoux et Eduardo Malone, coprésidents du groupe Pathé, pour leur exprimer notre indignation et notre inquiétude".

De son côté, le groupe communiste au Conseil de Paris a dénoncé une "scandaleuse augmentation" en période de crise, notant que "pour le tarif habituel, le spectateur n'a plus droit qu'à des places torticolis". "Le cinéma est un art populaire, l'initiative du groupe Gaumont-Pathé en fait un privilège", a déploré Ian Brossat, président du groupe, qui a écrit à la ministre de la Culture Aurélie Filippetti pour "savoir de quelle manière le gouvernement compte lutter contre le cinéma à deux vitesses".